Kebweb.tv, le carrefour des webtélés

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Prix NUMIX 2012 – Beaucoup de talent au pixel carré

Mercredi 16 mai, le tout numérique québécois était convié à la remise des Prix NUMIX 2012 au Monument National de Montréal. Cette troisième célébration de l’innovation multimédia était pilotée par Jean-Philippe Wautier et Olivier Niquet, membres du trio humoristique Le Sportnographe. Ouverture sur musique électronique, lutrin des animateurs en forme de foyer, présence d’un DJ sur scène qui rythme les remises de prix, voix robotisée nommée Sirix (clin d’oeil à l’assistante personnelle des très nombreux iPhones dans la salle, Siri) assistant les animateurs et animation graphique rappelant la thématique digitale de la célébration projetée à l’écran présentant les nominés et les gagnants; tout était en place pour une soirée sympathique et rythmée. Cerise sur le sundae, Wautier a même amené sur scène avec lui son chien Gaston, qui a tweeté à quelques reprises au cours de la soirée.

Les créateurs de Folk toi, folk moi

Quatre prix ont été remis dans la catégorie webtélé. Les oeuvres étaient jugées selon des critères d’originalité et d’innovation ainsi que selon la qualité générale du projet. Le premier trophée, remis pour production d’affaires publiques, magazine et documentaire, a été décerné à Mélissa Maya Falkenberg et Lucas H. Rupnik du studio Home Sweet Home pour le documentaire country Folk toi, folk moi. Émue et très fière, Mélissa Maya s’est exclamée «C’est comme la vengeance du country, je capote présentement!» Les gens présents dans la salle ont semblé particulièrement enthousiastes de voir ce projet indépendant triompher.

L’équipe de Juliette en direct

Du côté des productions jeunesse, c’est sans surprise que la charmante websérie Juliette en direct, produite par Passez Go et diffusée à Télé-Québec, a récolté les honneurs. Claire Dion, directrice du Fonds indépendant de production, a été chaleureusement remerciée d’encourager la webtélé au Québec.

Le duo derrière En audition avec Simon

En humour et variété, pas de grande surprise non plus; Simon-Olivier Fecteau et Guillaume L’Espérance, respectivement créateur et producteur d’En audition avec Simon, sont montés sur scène pour cueillir un prix récompensant la troisième et dernière saison des Auditions, qu’ils avaient également gagné l’an dernier pour la saison précédente.

Le producteur de Fabrique-moi un conte

La compétition était relevée pour le dernier prix, remis pour les fictions et dramatiques, et c’est finalement l’ambitieux projet interactif Fabrique-moi un conte créé par Jimmy Lee et diffusé par sur radio-canada.ca qui l’a emporté.

Il a été souligné à quelques reprises qu’une quantité énorme de créativité, d’imagination et de talent était réunie au pixel carré, mercredi le 16 mai, au Monument National. L’ambiance effervescente qui planait dans la salle laisse croire que malgré la qualité impressionnante des projets qui ont été mis en nomination cette année, le meilleur de la création et de l’innovation numérique québécoise reste encore à venir.

Billet rédigé par: Gabrielle Madé

Interroger l’interactivité en webtélé – Le cas d’Hors d’ondes

Le dernier épisode de la première saison d’Hors d’ondes – Confessions d’une téléréalité a été mis en ligne aujourd’hui. Ainsi est complétée, au terme de 10 épisodes, la diffusion de cette websérie qui se retrouve sans conteste parmi mes préférées de l’année.

Dans Hors d’ondes, on suit le quotidien d’une équipe de production d’une téléréalité nommée «L’Appart», au format comparable aux Big Brother et autres Loft Story qui prennent d’assaut nos écrans télé depuis plusieurs années déjà (trop longtemps, diront certains). Ainsi, la série produite par Turbulent met en scène Kim Rusk en productrice sans tabous ni morale, Anne-Élisabeth Bossé en assistante souffre-douleur de la productrice, Pierre-Luc Brillant en réalisateur blasé et Daniel Thomas en animateur à la fois narcissique et anxieux.  Ces personnages sont tantôt légèrement névrosés, tantôt manipulateurs et presque toujours politiquement incorrects, mais le jeu juste des quatre comédiens parvient à nous les rendre attachants malgré tout.

L’écriture de Caroline Mailloux et de Marie-Andrée Labbé sous-entend une critique ouverte des dérapages éthiques et du gros bon sens, qu’on soupçonnait déjà des coulisses des émissions de téléréalité.On dit d’ailleurs s’être basé sur des expériences bien réelles pour bâtir le scénario. Aucune limite (ni celles du bon goût, ni celles de la morale) ne retient l’équipe de production; on saoule les candidats pour mettre un peu d’action dans L’Appart, on manipule le vote du public via un montage biaisé et on ferait tout pour obtenir des premières pages de magazines, peu importe le nombre de réputations qu’on devra sacrifier pour y arriver.  Bref, la websérie humoristique porte un regard grinçant sur la télé et sur ce qu’on est prêt à y faire au nom de la lutte des cotes d’écoute, le tout présenté dans un enrobage visuel réussi.

L’interactivité remise en question

Au début de chaque épisode d’Hors d’ondes, on offre la possibilité d’écouter en mode linéaire (c’est-à-dire sans interruption) ou en mode interactif. C’est d’ailleurs grâce à cette composante interactive que la série a été jugée admissible au soutient financier du volet expérimental du Fonds des médias du Canada.  Ainsi, on nous propose d’accomplir des tâches simples, comme siffler dans le micro de son ordinateur ou secouer la tête devant sa webcam, pour avoir accès à des séquences bonus.  Ces «extras» ne font cependant pas avancer l’histoire; il s’agit simplement de capsules de quelques secondes, souvent absurdes, sans lien réel avec l’épisode en cours.

Ce volet interactif paraît pour le moins interrogeable. Sans enlever à la qualité narrative de la série, cette interaction avec le spectateur ne lui apporte rien non plus. En moyenne, 35% des gens qui visionnent un épisode d’Hors d’ondes le font en mode interactif. J’ai interrogé à ce sujet Marc Beaudet, président de Turbulent et producteur de la websérie, qui admet d’emblée que le niveau d’interactivité reste plutôt simple et très «grand public».

Marc Beaudet explique que la plupart des gens sont «paresseux» dans leur écoute. Selon lui, le public préfère une consommation en lean back comme en télévision lorsqu’on écoute une websérie plutôt qu’une consommation en lean forward, ce à quoi nous prédisposent habituellement les plateformes numériques.  Le producteur souligne qu’en général des gens ne sont pas intéressés à suivre une websérie où on les sollicite constamment. Selon lui, en cours de création, il faut garder en tête que bien que la webtélé soit un genre en soi, on reste beaucoup plus proche de l’univers de la télé que de celui du jeu vidéo. Dans la majorité des cas, le public ne chercherait pas à «jouer» lorsqu’il écoute une websérie, mais bien à être diverti, à relaxer, à se changer les idées.

Cette attitude relativement conservatrice des consommateurs de webtélé telle que décrite par Marc Beaudet est peut-être en partie attribuable au fait que ce qui a été qualifié jusqu’ici de webséries interactives, depuis la naissance du genre, peut s’être avéré décevant pour le public.  À mon avis, les webséries de ce type qui ont été diffusées jusqu’à maintenant n’explorent qu’une fraction de ce qui pourrait être fait en création audiovisuelle numérique. En l’occurrence, le cas d’Hors d’ondes en est un bon exemple. L’intégration d’un volet interactif à cette fiction déjà fort réussie est allignée avec les tendances créatives du moment sur le web, mais le résultat final laisse un peu dubitatif.

Dans ce cas précis, peut-être doit on interroger les critères peu flexibles du Fonds des médias du Canada qui exige un pan interactif pour que les projets de webséries soient admissibles à son volet expérimental. Dans une perspective plus large, peut-être devrait-on carrément remettre en question la pertinence de l’interactivité en webtélé; est-ce que c’est parce qu’on peut le faire qu’on doit le faire?  Le mode interactif nécessite-t-il une approche, une écriture et une mise en marché différentes de la websérie linéaire?  Lorsque bien intégrée à la trame narrative, l’interactivité ouvre-t-elle la porte à une proximité avec le public, à un engagement des fans que le mode linéaire ne permet pas?  De telles réflexions semblent pertinentes pour les créateurs, producteurs, diffuseurs et bailleurs de fonds qui gravitent dans l’univers toujours émergent de la webtélé.

Billet rédigé par: Gabrielle Madé

Dépôt au FIP – Sprint final pour les créateurs de webséries

Bon nombre de producteurs de webséries québécoises ont très peu dormi la fin-de-semaine dernière et pour cause; ceux dont le projet a été sélectionné par le Fonds indépendant de production (FIP) à la 1ere ronde des dépôts 2012 ont jusqu’à demain, le mardi 1er mai, à 17h, pour soumettre leurs propositions de production pour la 2e et dernière ronde.  Préparer un tel dossier représente une grande charge de travail pour les producteurs, mais le jeu en vaut certainement la chandelle pour ceux qui se verront attribuer l’aide financière nécessaire à la production de leur série.

Le FIP est une source importante de financement privé consacrée aux webséries de fiction linéaires canadiennes. Ce fonds d’investissement spécialement dédié à la création audiovisuelle pour les plateformes numériques a été mis en place en 2010 à titre de projet expérimental et vient d’être reconduit jusqu’en 2014, ce qui est une très bonne nouvelle pour l’industrie de la webtélé au Québec.

Le processus menant à l’attribution du financement du FIP se déroule en deux étapes. Dans un premier temps, on invite tous les producteurs canadiens ayant une idée de websérie et répondant aux critères d’admissibilité à soumettre un document de 6 pages ou moins décrivant le projet (plus d’info sur les lignes directrices ici).  Le comité de sélection du FIP analyse chacun des dossiers reçus et émet, quelques semaines plus tard, une liste de candidatures retenues pour la deuxième ronde.  Cette année, 31 projets ont été retenus pour cette seconde étape, dont 11 projets francophones.  Le FIP demande alors à ces candidats de produire une proposition de production étoffée exposant les détails de leur websérie; synopsis, résumé de tous les épisodes, script des deux premiers épisodes, casting, équipe de production, structure financière, plan de distribution et de marketing, etc.  Il n’est pas rare que la longueur de ce document frise les 100 pages, selon les projets.

De concert avec d’autres partenaires financiers provinciaux, le FIP investit plus de 1,5 million $ chaque année.  Sa participation financière se fait sous forme d’investissement couvrant en moyenne 70% du budget de production des webséries choisies. Les producteurs des projets financées doivent trouver la proportion du financement manquant en obtenant une licence d’un diffuseur, ou en ayant l’appui d’un ou de plusieurs commanditaires, par exemple. Des alternatives moins communes, tel le financement par la communauté (crowdfunding) peuvent être envisagées; tous les moyens sont bons pour boucler sa structure financière.  D’ailleurs, une campagne de financement de ce type vient tout juste d’être lancée pour la 2e saison de Manigances. Les producteurs de la websérie policière sollicitent leur communauté de fans à collaborer au financement de la prochaine saison, en se basant sur le principe que si on se rassemble pour donner – même un peu – on multiplie l’impact de nos contributions.

En 2011, 6 projets avaient été choisis par le FIP: 11 règles (saison 2), Le chum de ma mère est un extra-terrestre (dont la diffusion n’a pas encore débuté), Dakodak (saison 2), Juliette en direct (saison 2), Manigances et Pilote(s). Il est intéressant de souligner que Manigances, disponible ici sur Kebweb.tv, a été le premier projet financé par le FIP à n’avoir pas été diffusé sur le site d’un télédiffuseur.Cette année, Manigances (Saison 2) et 1000 jours, le nouveau projet de Productions Babel (ceux qui nous ont offert les trois saisons de Temps mort), sont parmi les 11 projets francophones toujours dans la course. J’ai échangé sur le sujet avec Isabel Dréan, productrice de Manigances et Marco Frascarelli, producteur chez Babel. Voici ce qu’ils avaient à raconter sur le processus de dépôt, entre deux blitz de préparation de leurs dossiers:

Gabrielle: Comment prépare-t-on un dépôt? Comment ça se passe à quelques jours de la date limite?

Marco F.: Peu importe le dépôt (FIP, SODEC, Téléfilm, etc.) et peu importe la somme demandée, la proposition de production soit être complète et doit se faire le plus professionnellement possible. Chaque élément de la série, du développement à la diffusion en passant par le financement, doit être réfléchit et présenté clairement afin de montrer aux investisseurs que nous sommes conscient des défis du projet. Les dernières journées sont toujours les plus dures, car on se pose beaucoup de questions sur le projet et il y a souvent des modifications de dernière minute en lien avec des nouvelles idées.

Isabel D.: Quand tu fais ton dépôt, il faut que ton dossier soit complet au point où tu pourrais, si tu avais le financement le lendemain matin, commencer ta pré-production directement tellement tu étais prêt. Il faut que tu saches déjà tout sur ta websérie au moment de la soumettre.  La dernière semaine de préparation du dossier est très intense. Les derniers jours c’est vraiment le rush; on fait rien d’autre! Il faut vraiment essayer d’être le plus créatifs et innovants possibles dans notre approche.  Les propositions sont dues pour demain, 17h, et il ne serait pas étonnant qu’on remette notre dossier à 16h58!

G: Combien de temps estimez-vous avoir consacré à votre proposition? Sur quoi avez-vous dû travailler le plus?

I. D.: Monter le budget et la structure financière est certainement la partie la plus difficile. Il faut garder en tête que le FIP est un fonds privé et qu’il n’offre pas une subvention, mais bien un investissement; il faut être en mesure de démontrer de quelle manière on va s’y prendre pour permettre au FIP de récupérer l’argent investi. On a commencé à travailler sur notre dossier un mois avant la date limite et la dernière semaine a été très intense; on a été à temps plein là-dedans. Mais c’est la deuxième fois qu’on fait le processus complet du FIP; c’est beaucoup plus facile cette année. La première fois que tu prépares ce type de dépôt, c’est vraiment plus exigeant.

M. F.: Nous avons travaillé fort sur la distribution et le marketing.  Avec Temps mort, nous avons appris que ces deux pans de la stratégie globale sont cruciaux pour qu’un projet web vive bien et trouve son public. Nous avons principalement travaillé sur notre dossier au cours des trois dernières semaines.  Nous n’avons pas vraiment comptabilisé nos heures de travail, mais on doit certainement dépasser le cap des 250 heures depuis le début du processus des soumissions pour le FIP cette année.

Bref, monter un dossier pour obtenir du financement pour une websérie n’est pas une mince tâche.  Les choix du FIP seront annoncés à la mi-juin. Peu importe les résultats de la course, j’offre toutes mes félicitations aux créateurs qui auront réussi à mener à bien cet objectif et à déposer leur proposition de production d’ici demain.

Billet rédigé par: Gabrielle M.

Nominations Prix NUMIX 2012

Les nominations pour les Prix NUMIX 2012 ont été dévoilées ce matin. Organisée par le Regroupement des producteurs multimédia depuis 2010 et présentée par le Fonds des médias du Canada, la soirée des Prix Numix récompense les meilleures réalisations numériques québécoises.

Parmi les 20 prix qui seront remis cette année, 4 récompensent la webtélé. Voici nommés pour l’édition 2012 dans cette catégorie. Mes coups de coeur sont précédés d’un astérisque; et vous, quels sont vos projets préférés?

WEBTÉLÉ – Fiction et dramatique

Manigances (producteur: Kebweb.tv, diffuseur: Kebweb.tv)

Bêtes humaines (prod: TV5 Québec Canada, diff: Tv5 Québec Canada)

Fabrique-moi un conte (prod: Jimmy Lee, diff: Radio-Canada.ca)

WEBTÉLÉ – Humour et variété

En audition avec Simon III (prod: a_média, diff: Radio-Canada)

Le Rodrishow (prod: TV5 Québec Canada, diff: TV5 Québec Canada)

Pare-chocs à pare-chocs (prod: TVA productions inc., diff: TVA)

WEBTÉLÉ – Affaires publiques, magazine et documentaire

Folk toi folk moi avec Melissa Maya (Studio Home Sweet Home)

Pick-up: à la rencontre d’un bout du monde (prod: TV5 Québec Canada, diff: TV5 Québec Canada)

* 180 degrés sur le tapis rose de Catherine (pro: Rose Nana Shoot Studio)

WEBTÉLÉ – Jeunesse

Juliette en direct (prod: Passez Go, diff: Télé-Québec)

Paparadis – Projet web (prod: B-612 communication, diff: Vrak.tv)

La remise des Prix NUMIX se tiendra le 16 mai 2012 au Monument National à Montréal.  La liste complète des nominations est ici.

Billet rédigé par: Gabrielle M.

Nouvelle collaboratrice au blogue WEBTÉLÉ!

Bonjour à tous, membres de la communauté Kebweb.tv, amateurs de webtélé, curieux des internets,

C’est avec grand plaisir que je me joins à la rédaction du blogue webtélé de Kebweb. Catherine, qui tenait seule le blogue jusqu’ici, a fait un très bon boulot pour vous tenir au courant de l’actualité webtélé et c’est un honneur pour moi de me joindre à elle.

D’entrée de jeu, j’affiche mes couleurs: je suis une grande fan de webtélé. Des capsules courtes et punchées aux plus longs épisodes dramatiques en passant par les magazines et les webséries documentaires, je regarde tout ce qui me tombe sous la main (ou sous la souris, c’est selon…).  Je suis passionnée de webtélé au point d’y consacrer ma thèse de maîtrise; j’observe donc cette forme de création d’un point de vue de fan, mais également d’un point de vue d’analyste. Pour plus d’info sur moi, vous pouvez consulter une courte bio, sous l’onglet «Nos collaboratrices».

Ce blogue se veut une référence québécoise en matière de webtélé, autant pour les amateurs du genre que pour les créateurs de webséries. Je vous tiendrai au courant des lancements de séries d’ici, des annonces importantes dans l’industrie, des nommés et des gagnants dans les festivals et les remises de prix et vous proposerai de temps en temps des webséries coups de cœur provenant d’ailleurs.

Vos commentaires et vos suggestions sont évidemment les bienvenus ici, sur Facebook ou sur Twitter.

Billet rédigé par: Gabrielle M.

Bonne fête Kebweb!

Kebweb.tv souffle aujourd’hui sa première chandelle.

Pourtant, quand je pense à ma première rencontre avec Isabel Dréan et Simon Côté, les fondateurs de Kebweb, j’ai l’impression que ça fait vraiment longtemps. Il faut dire qu’avec tout ce qu’ils ont accompli, avec toutes les séries diffusées, les prix remportés, les contacts qu’ils ont créé, on a en tête que la plateforme indépendante que nous connaissons maintenant si bien existe depuis belle lurette. Mais non. Voilà tout juste un an qu’on nous y présente des « making of », des documentaires pertinents, des blogues d’actualité, des webséries drôles, musicales, intenses, étranges, mais surtout, de la webtélé indépendante. Depuis un an, un grand nombre de producteurs, de réalisateurs, d’acteurs, de techniciens, de musiciens, bref d’artisans d’ici ont pu trouver un « refuge », un réseau où partager leurs œuvres. Et tout ça, c’est aussi grâce à vous, doux public, friand de bonne webtélé. C’est le public, en quelque sorte, qui donne vie aux séries, qui les aiment, qui les commentent, qui les partagent. Sans le public, rien n’est possible.

C’est pourquoi pour le premier anniversaire de Kebweb.tv, j’ai envie de vous rappeler toutes les manières possibles d’encourager la webtélé indépendante. Facile, me direz-vous. Pas tant que ça, vous rétorquerai-je. Quand on parle de webtélé indépendante, on parle aussi de : pas tellement de budget. Ce qui implique tout de suite qu’on peut oublier les panneaux aux coins des rues et les publicités à heure de grande écoute à la télé. Les moyens les plus efficaces de faire connaitre une série-web indépendante sont donc le bouche à oreille et les réseaux sociaux. Voici quelques petits trucs rapides qui pourront vous aider à aider vos émissions préférées, en toute simplicité.

Sur Facebook :

  1. Cliquez « j’aime » sur les liens ou les vidéos de la série. Saviez-vous que les liens/vidéos/statuts qui restent le plus longtemps dans le fil d’actualité de Facebook sont ceux qui sont les plus « likés » et commentés? Plus il y a d’activités autour d’un lien, plus longtemps celui-ci sera vu.
  2. Commentez. En plus de la raison précédente, les créateurs d’une série sont toujours contents d’avoir vos impressions.
  3. Partagez les liens et incitez les gens à le faire. C’est tellement simple. Cliquez « partager », inscrivez votre commentaire et le tour est joué. Plus il y a de liens en circulation, plus il y aura de cliques. C’est logique.
  4. Devenez fan des pages Facebook de vos séries fétiches. Vous en rehausserez la côte de popularité, et vous serez au courant de toutes les nouvelles relatives aux dites séries.
  5. Partagez les pages. Vos amis découvriront peut-être une série que vous aimez, aidant ainsi à en élargir le nombre de fans!

Sur Kebweb ou autres sites de webtélé indépendante

  1. Cliquez « j’aime » sur les vidéos directement sur le site. Ça l’inscrira aussi sur Facebook, ce qui vous fait deux pierres d’un coup.
  2. Commentez les vidéos sur le site (si c’est possible). Sur le nouveau Kebweb ça l’est. Lorsque vous le faite, le commentaire est affiché sur votre profile Facebook, donnant la chance à vos amis de voir et de participer directement au fil de conversation sur le site.
  3. Twittez. Évidemment, il faut que vous partagiez les liens avec vos amis de la Twittosphère! Qui sait, ça pourrait se rendre à la portée d’un journaliste curieux, ou aux oreilles d’un animateur radio qui aurait envie d’en parler à son émission du matin? Vous avez un problème avec vos 140 caractères? Le site http://bitly.com/ est là pour réduire vos liens.
  4. Achetez les produits dérivés. Allez les fans, informez-vous de ce que vous pouvez vous procurer : T-shirt, tasses, stickers, DVD, etc. Vous aurez fière allure, et vous aiderez financièrement une série ou un site. (Pssst : dès le mois d’octobre, Kebweb aura une boutique et vous pourrez acheter leurs t-shirts!)
  5. Faites des dons. Si le site l’offre, pourquoi pas? Si le cœur vous en dit et que vous vous sentez généreux, il n’y a personne en webtélé indépendante qui refusera!

Vous voyez, ce n’est pas compliqué, mais ça demande de la rigueur. Ce sont ces petits gestes quotidiens qui comptent beaucoup pour des personnes qui ont donné cœur, âme et souvent, portefeuille pour arriver à vous présenter ce que vous voyez maintenant sur Kebweb.tv. Soyez curieux, le web québécois est plein de petits bijoux qui ne demandent qu’à être découverts. Participez aux concours. Si vous tomber amoureux d’une websérie, parlez-en à au moins un ami. Vous ne savez pas à quel point ça fera chaud au cœur de l’artisan qui verra UN clique de plus sur sa vidéo. La webtélé, plus particulièrement l’indépendante, est soutenue par les fans. Plus une série est vue et partagée, plus elle a de chance d’obtenir une subvention dans le futur. Dites-vous que par ces petits gestes quotidiens, vous participez à l’économie québécoise en développement. Et ce, en direct de votre salon. C’est pas beau, ça?

Pour terminer, je veux souhaiter encore une fois un joyeux anniversaire à Kebweb.tv. Merci aux créateurs et fondateurs de nous avoir permis de nous réunir, de nous sentir plus forts, en communauté. Merci de m’avoir donné la chance de tenir ce blogue. Merci aux créateurs de webtélé qui nous font vivre des émotions intenses en cinq à dix minutes, qui créent des univers que nous ne verrons nulle part ailleurs, qui nous font découvrir de jeunes talents insoupçonnés. Et merci au public, aux « geeks », aux enfants, aux ados toujours branchés et à leurs parents parfois dépassés, aux fans finis, aux lecteurs de blogues, aux gens comme vous et moi, toujours fidèles, au rendez-vous.
La webtélé indépendante et Kebweb.tv ne pourrait rien célébrer sans vous.

C

Quand nos voisins s’y mettent

Ça fait assez longtemps que les Américains ont compris l’importance et l’ampleur des vidéos virales sur internet. On peut prendre pour exemple les gars de Jackass, que tout le monde connait pour leurs exploits particulièrement saugrenus et/ou dégoutants. On peut maintenant les voir sur nos grands écrans.  Et c’est un exemple parmi tant d’autres de phénomènes qui se sont développés sur le web. Mais qu’en est-il des personnalités déjà connues, les « stars »?

À la fin de 2006, le portail Funny or Die fût créé par nul autre que Will Ferell et Adam McKay (réalisateur de Talladega Night et Anchorman). Funny or Die est le site idéal pour perdre son temps de travail au profit du bidonnage. Question « moyen de procrastination par excellence », on a rarement vu mieux. Le site rassemble un nombre incroyable de vidéos drôles d’enfants, de chats, de gens qui tombent (et j’en passe) pour lesquelles le public peut voter. Mais ce qui est le plus génial de Funny Or Die, c’est le contenu original créé par le FOD Team ; des imitations, de fausses entrevues, des parodies… et souvent avec la participation de vedettes américaines. On peut y voir Will Ferell, évidemment, mais d’autres personnalités très connues qui se sont mises de la partie comme Zach Galifianakis, Natalie Portman, Lindsay Lohan, James Franco, Charlie Sheen, etc. Je suis presque certaine que vous avez tous vu le sketch « The Landlord », la premier à avoir été en ligne sur le site, qui a été visionné plus de 70 millions de fois. Oui oui, vous savez, le bébé alcoolique qui sacre et qui vient menacer Will Ferell afin de ravoir son argent? Ha bon, vous voyez maintenant. Saviez-vous que ce bébé est la petite fille d’Adam McKay en personne? Même les bébés de stars font de la webtélé!

funnyordie

Lisa Kudrow, que nous connaissons notamment grâce à son rôle de Phoebe Buffay dans Friends, est l’auteure, conceptrice et productrice exécutive d’une série web qui a eu un grand succès de 2008 à 2010, Web Therapy. L’excellente Lisa Kudrow y interprète une psychologue cinglée et désagréable à souhait qui se targue d’avoir inventé la « web therapy », un concept de thérapie en ligne!  Le concept est très simple ; deux personnages communiquant par leur webcam. Il n’y a pas soixante-dix décors, pas d’explosions couteuses et les dialogues sont improvisés, mais c’est efficace. Ce n’est pas drôle à se lancer sur les murs, mais les situations de malaise sont irrésistibles, et puisque c’est de l’improvisation (ce qui, je trouve, est un tour de force), le naturel des répliques nous font presque croire qu’on assiste vraiment à une espèce de thérapie louche. Et encore une fois, plusieurs stars se sont jointes à la série : Selma Blair, Jane Lynch, Courteney Cox et même la merveilleuse Meryl Streep! Web Therapy sera aussi en onde sur Showtime dès le 19 juillet.

webtherapy


Plus récemment, en mars 2011, une nouvelle série dramatique a fait son apparition sur le portail américain Hulu, The Confession. Mettant en vedette Kiefer Sutherland et John Hurt, The Confession est l’histoire d’un tueur à gages (Sutherland) qui raconte à un prêtre (Hurt) ses meurtres. Rien de moins. La série n’est pas encore disponible au Canada, mais elle devrait l’être d’ici la fin juin sur CTV.ca. La série a remportée un énorme succès aux États-Unis malgré ses courts épisodes (5-6 minutes) et le défi d’y construire une intrigue digne d’une vraie série d’action en si peu de temps. On parle même d’en faire un film.

Bref, voici quelques exemples d’un mouvement web bien amorcé par les stars d’Hollywood. Loin de moi l’idée d’affirmer que les « vedettes » sont nécessaires au succès d’une webtélé, que ce soit ici ou ailleurs, mais plutôt de démontrer un attrait, une reconnaissance du médium. Ce que je trouve merveilleux, c’est que la plupart de ces artisans sont payés une fortune pour faire un film ou une série télé, mais qu’ils font maintenant de la webtélé pour probablement pas cher. Certains en sont même les instigateurs.

Au Québec, avec En audition avec Simon, plusieurs vedettes (Michel Côté, Marc-André Grondin, Jay Baruchel) ont osées jouer le jeu. Même chose pour Catherine Trudeau, Julie Perreault, Maxim Gaudette et compagnie dans Fabrique-moi un conte. Nous avons aussi pu voir Jacques L’Heureux et Roc Lafortune dans Les Roux. Les artistes québécois prennent de plus en plus le monde du web au sérieux, et comprennent qu’il y a là un moyen d’expression important à ne pas négliger.

Qu’est-ce qui nourrit le phénomène? Qu’est-ce qui fait qu’un artiste fait de la webtélé? Le désir de se bâtir ou de se rebâtir une carrière? La peur de ne pas être dans le coup? L’envie de changer d’image? Ou serait-ce tout simplement  pour jouer ce qui leur plaît, sans censure, pour le plaisir? Pour se rapprocher du public? Pour le bonheur de travailler avec une équipe qui leur est chère? De faire du travail de qualité qui peut être vu partout dans le monde, sans avoir nécessairement la pression d’un long métrage qui coûte et rapporte des millions? Peu importe, je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise réponse.

L’important c’est que la webtélé prend de l’ampleur, qu’elle est reconnue et appréciée de tous, de plus en plus.

C

Quand webtélé et musique s’accordent

Hé voilà, elle est arrivée cette chaleur qu’on attendait tous. Je dis « chaleur » parce que  pour l’été, on repassera, on a déjà vu mieux. On a beaucoup trop hâte de s’assoir à une terrasse au soleil, bière à la main pour écouter un band qu’on aime, de partir en voyage sur la route les fenêtres de la voiture baissées et le volume dans le tapis ou encore de prendre un café sur le balcon avec notre playlist favorite dans les oreilles. Été et bonne musique vont de pair, c’est connu. Pour patienter en attendant que ces options alléchantes puissent êtres concrétisées, je vous suggère trois séries web à saveurs estivales et musicales.
Premièrement, une série diffusée sur Kebweb.tv, Rock ton. Cette websérie de 8 courts épisodes présentée par Rogers (la compagnie de téléphone) et la Scène 1425  (www.scene1425.com) met huit artistes et groupes de musique en vedette. À chaque épisode, réalisé sous forme de vidéoclip, l’artiste ou groupe invité est appelé à jouer dans un lieu inusité qui leur est imposé. C’est comme ça que les gars de Malajube se sont retrouvés à jouer Le Blizzard dans un casse-croûte un peu louche devant un public de pré-ados étonnés. Dans un autre épisode on peut voir Karim Ouellet (une surprenante découverte pour ma part) tout en musique dans le  hall du Capitole à Québec. C’est aussi très drôle de voir Phantogram, un band originaire de Saratoga Springs dans l’état de New-York, interpréter une de leur chanson devant les employés de la STL (Société des transports de Laval) dans un garage tout ce qu’il y a de moins glamour. C’est une série sans flafla, sans longue entrevue, seulement de la bonne musique et de belles images. On y rencontre des artistes de la relève, et on y voit certains de nos bands chouchous dans des lieux où on ne les aurait jamais imaginés. Très amusant! www.kebweb.tv/rockton

Voici une deuxième série, qui nous transporte partout dans le Canada. 12tracks.tv c’est quatre gars, Fred, PE, Brown et Frank qui ont pour défi d’enregistrer en trois mois un album de 12 chansons, interprétées par 12 artistes émergents à travers tout le pays. Nous vivrons donc avec eux tout au long de l’été un roadtrip musical ; En plus de pouvoir écouter et voir le résultat final de l’enregistrement de la chanson de chaque endroit différent, nous pourrons suivre les gars dans la caravane lors de leur périple de « vie sur la route » par le biais de web épisodes, de courts textes et de photos. Je trouve le concept génial! La direction photo est géniale et  les quatre garçons, qui sont super divertissants, nous font découvrir des artistes aussi bien que des paysages magnifiques. Les deux premiers épisodes sont maintenant en ligne au http://www.12tracks.tv/ . Une série à suivre.
Dernière web série et non la moindre, depuis ce matin diffusée sur Kebweb.tv, La tournée des cafés. C’est une série parfaite pour ceux qui, comme moi, trippent sur les petits cafés eco-friendly et socialement responsables de Montréal (comme la Boîte gourmande, le Robin des bois ou le FUSCHIA) et sur la bonne musique. Comment ne pas aimer l’idée? On suit au cours de ces 10 capsules la talentueuse chanteuse Geneviève  Toupin, qui enregistre ses chansons avec divers artistes tout aussi talentueux comme Alex Nevsky, Antoine Gratton et Andrea Lindsay, pour ne nommer que ceux-là. J’adore! C’est merveilleusement beau, avec un style un peu vieillot, c’est trendy car on y explore différents cafés de Montréal et leurs particularités, la musique est douce, les interprétations sont acoustiques, bref, c’est vraiment une « comfort web-série ». Ben oui, c’est à la webtélé ce que le pâté chinois est au comfort food. Allez voir ça dès maintenant, sur www.kebweb.tv/tourneedescafes !
Voilà de quoi vous sustentez jusqu’aux terrasses, aux promenades au parc Lafontaine et aux cornets de crème glacée de chez Bo-Bec! Bon visionnement. ;)
C

Sexe aux États-Unis

On l’entend souvent : le sexe vend. Le sexe intrigue, fascine. Le sexe dérange, amuse, fait jaser autour d’une bière, entre amis, entre collègues, unit des gens, brise des couples, bref, fait partie intégrante de nos vies.

C’est pour cela que le sexe vend. On le vend en chair et en os, dans les livres, sur DVD, sur des chaînes de télé payantes, et de plus en plus, sur internet. On vend, grâce au sexe, des vêtements, des bijoux, des automobiles, des revues. Le sexe est partout.

Mais qu’en est-il de la réalité? Que se passe-t-il dans la chambre à coucher des autres? Dans les chaumières des gens? Sommes-nous si bien informés sur le sexe? L’êtes-vous?

Marie-France Laval, qui est réalisatrice, scénariste et recherchiste de la série documentaire web Sexe aux États-Unis tente de répondre à certaines de ces questions. Marie-France, qui n’est réalisatrice de formation que depuis environ trois ans (étant à la base une spécialiste en ventes et marketing international dans le domaine du logiciel et des télécoms), est partie faire le tour du pays de l’oncle Sam à l’automne dernier afin de peindre un portrait de la sexualité des américains d’aujourd’hui. On diffuse donc, sur le site de TV5, 11 capsules ayant toute comme sujet de base la sexualité : Lillith Grey femme libérée, Overdose sexuelle, Bootblacking, L’abstinence, vraiment!, Corps en couleurs, Sexe à New-York, Épicer sa libido, Des victimes idéales, Quand la religion mène le sexe, Êtes-vous « sexe-positif »? et L’effet porno.

J’ai A-D-O-R-É ces capsules documentaires. On y traite de sujets amusants comme les pratiques sexuelles courantes et moins courantes qui existent mais aussi de sujets portant à réflexions comme l’homophobie poussée à l’extrême dans certaines régions des États-Unis ou la dépendance au sexe. Tout dépendant du sujet, on sourit, on frissonne, on s’insurge, on se compare…on ne reste surtout pas indifférent! On sent que Marie-France porte un regard objectif sur tous les sujets qu’elle aborde, aussi farfelus ou extravagants qu’ils soient. C’est fait avec respect. J’ai interrogé Marie-France pour en savoir un peu plus sur Sexe aux États-Unis.

Premièrement, comment est né Sexe aux États-Unis?

Le projet Sexe aux États-Unis est né au cours d’une réunion entre les producteurs d’Eureka Productions, France Choquette et Jean Roy avec le directeur des nouveaux Médias de TV5, Benoit Beaudoin. Ce projet fait partie d’un projet d’envergure, Le sexe autour du monde. Sexe aux États-Unis est un épisode exclusif à TV5.ca, une première pour la chaîne. Il complète une série documentaire télévision de 8 épisodes dans 8 pays différents diffusés sur TV5 entre le 4 janvier et le 22 février 2011. Le projet comprend également un site Internet « www.sexeautourdumonde.com » et une application iPhone. Le projet est un succès sur toutes les plateformes. Le microsite Sexe aux États-Unis  a enregistré plus de 50,000 visionnements depuis le 22 février dernier.

France Choquette et Jean Roy ainsi que Benoit Beaudoin m’ont fait vraiment confiance en me permettant de réaliser ce projet!

Avais-tu un but précis en faisant ces capsules? Était-ce une envie plus personnelle ou avais-tu envie d’ouvrir les yeux des gens sur certaines choses?

En réalisant le projet, j’avais plusieurs objectifs. Le premier était d’apporter un regard sur la sexualité des américains d’un point de vue sociologique et anthropologique dans la lignée de la série télévisée Sexe autour du Monde. Ensuite, je souhaitais aborder ces sujets différemment : amusants, informatifs, touchants et aborder la diversité de la sexualité aux États-Unis. Aussi, en étant sur internet, je souhaitais que les internautes regardent les capsules du début jusqu’à la fin. Il fallait donc qu’elles soient courtes, rythmées et surtout avec du contenu et une histoire. Nos efforts communs ont donné le résultat qui est présenté sur sexeauxetats-unis.tv5.ca. Benoit Beaudoin, de TV5, a contribué également au niveau du contenu et de la promotion.

Qu’as-tu appris en général, sur le sexe aux États-Unis? Nos voisins nous ressemblent-ils, ou les choses sont encore bien différentes sur bien des points?

C’est fascinant de se rendre compte comment la culture et la religion peuvent influencer la sexualité de tout un pays et que même si ce sont nos voisins, les rapports à la sexualité des américains sont vraiment différents des nôtres au Canada.

Y’a-t-il des choses qui t’ont vraiment choquées mais que tu n’as pas voulu montrer dans la série?

Aux États-Unis, nous avons vraiment abordé les choses librement dans les vidéos. Mais j’ai été particulièrement choquée par le fait que des personnes ayant une sexualité marginale peuvent être non seulement écartées par la société mais également condamnées par la justice elle-même. C’est totalement incompréhensible pour moi alors que les États-Unis donnent une image démocratique dans le monde entier. On peut voir cet aspect dans le documentaire « Des victimes innocentes ». Aussi, j’ai trouvé difficile à croire que des personnes peuvent être autant la cible d’intimidations majeures parce qu’elles  vivent une sexualité différente : fétichisme, homosexualité.

Quelle est la réaction des auditeurs? Le sexe est-il un sujet tabou encore pour plusieurs personnes, ou les réactions sont-elles majoritairement positives?

La majorité des réactions des internautes a été très positive. Ils ont répondu aux questions posées, parfois vigoureusement, notamment sur les sujets de la religion, de la dépendance sexuelle et de la liberté sexuelle avec le sujet de Lillith. Les internautes ont donc contribué à l’expérience en interagissant sur le web. TV5 a reçu près de 1000 commentaires!

As-tu des projets de suite pour ce documentaire? Des capsules sur le sexe d’ici ou d’ailleurs?

Il y a une saison 2 en préparation mais je ne peux pas en dévoiler davantage pour le moment… À suivre!

Après tout ce dont tu as été témoin, es-tu sexe-positive?

Je suis plus sexe-positive que jamais! Cette expérience m’a permis de rencontrer des personnes formidables. Certaines vivent une sexualité différente de la majeure partie de la population mais celles-ci ont plusieurs points communs : elles ont eu le courage de s’exprimer et défendent leur sexualité de façon admirable pour briser les tabous de l’intolérance, qui tirent souvent leurs origines d’un manque d’ouverture et de connaissances.

Si vous voulez découvrir cette merveilleuse série de documentaires, c’est ici :

http://www.sexeauxetats-unis.tv5.ca/

Je vous la suggère fortement. Pour les gens moindrement curieux et ouverts d’esprit, c’est un délice.

Et avouons-le, on a tous un petit côté voyeur qui aime regarder à la fenêtre du voisin! ;)

C

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