Kebweb.tv, le carrefour des webtélés

Archives de mai, 2012

Quand les annonceurs font de la webtélé

Au Québec, peu d’annonceurs ont jusqu’ici eu l’audace de s’associer avec un projet de webtélé. Pourtant, les webséries commanditées par des grandes marques ont la cote aux États-Unis et en Europe. Les success stories dans le domaine sont nombreux; on pense entre autre à Easy to Assemble, proposée par IKEA, ou à In the Motherhood, initiative commune d’Unilever et de Sprint.  Ici sont présentées plus en détails trois associations webtélé + annonceur particulièrement réussies qui ont offert un rayonnement intéressant aux marques ayant osé se lancer.

Norman

Norman Thavaud, mieux connu sous le pseudonyme «Norman fait des vidéos» fait sensation sur le web francophone depuis le début 2011. Le jeune Français s’est fait connaître via des capsules humoristiques de quelques minutes postées sur YouTube.  D’allure toutes simples, voir même novices à premier abord, les capsules de Norman sont portées par des textes au ton sarcastique et un montage rythmé.

 

En juin 2011, Orange, le géant français des télécoms, demande à Norman de créer une dizaine de courtes capsules sur le cinéma pour mousser la promotion Orange Cinéday. Ainsi naît la mini-websérie Norman fait son cinéma, rendue disponible en exclusivité sur le canal Dailymotion d’Orange. Au total ces capsules ont cumulé plus de trois millions de clics depuis leur mise en ligne. La collaboration entre les deux parties a été réitérée cette année; en 2012, Norman passe des auditions pour obtenir un rôle dans des grands succès cinématographiques tels Inception, The Artist et Intouchables.

Les barres chocolatées Crunch misent également sur Norman pour leur promo sur le web. En mars dernier, Norman embarque dans un tour du monde commandité où les fans sont appelés à voter pour la prochaine destination d’où Norman fera une vidéo de 7 à 8 minutes. Le résultat est assez sympathique.

Heels

Réalisée pour le compte de Longchamp, la websérie Heels propulse les auditeurs dans l’univers de la mode et des produits de luxe.  À mi-chemin entre le long métrage The Devil Wears Prada et la télésérie Gossip Girl, Heels met en scène deux fashionistas aspirant au poste de rédactrice en chef d’un magazine de mode. D’un esthétisme recherché et tout en élégance, cette websérie ne montre jamais les visages des protagonistes; la caméra ne filme que des mains, des pieds et des silhouettes (ou plutôt des sacs à main, des chaussures et des tenues toutes plus branchées les unes que les autres).  Sans qu’il n’y ait de logo qui soit mis en évidence, on devine rapidement que tout ce qui fait l’objet d’un gros plan est de marque Longchamp.

Pour le moment, Heels compte une seule saison de sept épisodes. La websérie a été lancée en primeur en France, en Angleterre et en Allemagne en novembre 2011, et sera promue en Chine, au Japon, en Corée du Sud et aux États-Unis au cours de 2012.

Leap Year

Leap Year met en scène cinq amis qui, suite à un licenciement commun, s’installent dans un espace de coworking et lancent chacun leur petite entreprise dans le but de gagner un concours pour jeunes entrepreneurs. Financée par la compagnie américaine d’assurance pour startups Hiscox, la websérie a été lancée en mai 2011 et en est déjà à sa deuxième saison. Leap Year a reçu un très bon accueil tant du public que de la critique; au moment de sa sortie, la websérie a obtenu une couverture positive sur des sites web d’influence tels que Forbes et Reuters. Il est intéressant de noter que le commanditaire, Hiscox, se fait très discret dans la série, son logo n’apparaissant qu’à l’ouverture de chaque épisode ainsi qu’à la toute fin du générique. Il en va de même sur le site web de la série; toute la place est laissée à l’intrigue, aux personnages ainsi qu’aux créateurs de la série.

Billet écrit par: Gabrielle Madé

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Un homme, un vrai; conversation avec Jonathan Roberge

Parmi les succès populaires de la courte histoire de la webtélé québécoise, on compte incontestablement Contrat d’gars, et son spin-off Une vie de vrai gars. Jonathan Roberge et Alexandre Champagne, concepteurs, auteurs et interprètes des  deux personnages principaux de la série ont marqué au fer rouge l’imaginaire de bien des jeunes hommes à grands coups de testostérone et de «mâlitude». Au total, la franchise Contrat d’gars a généré plus de 8 millions de clics depuis la mise en ligne de la première capsule, en 2009.  Un an après la fin du «talk-show viril», Jonathan Roberge, en solo cette fois-ci, écrit et réalise la websérie Fiston, dans laquelle il joue un père léguant à son fils un testament vidéo lui offrant des conseils peu orthodoxes et parfois déroutants. Le jeune créateur atteint à nouveau la cible; en 2 mois seulement, les capsules de Fiston ont été vues plus de 1,8 millions de fois. En plus de ces succès webtélé, Jonathan Roberge est également le concepteur de la vidéo de flashmob valorisant le recyclage produite dans le cadre de l’émission Testé sur des humains, qui avait été en avril 2011 un succès viral mondial (plus de 2 millions de vues). 

De tels chiffres d’audience ne sont pas communs pour les webséries d’ici. Il semble évident que Jonathan Roberge a compris comment créer des contenus qui ont une forte raisonnance auprès d’un public nombreux. Je l’ai convié à une discussion autours des thèmes de la création pour le web, du succès online et de ses retombées dans le monde offline.  Conversation avec un homme, un vrai.

Gabrielle Madé: Ce que tu fais fonctionne, c’est indéniable. Tu sembles avoir trouvé une certaine «recette du succès» en webtélé; quelle est-elle?  Qu’est-ce qui fait de la webtélé qui fonctionne bien en terme d’audience?

Jonathan Roberge: La webtélé, c’est pas de la télé, c’est pas du cinéma, c’est une forme qui a sa propre écriture, ses propres punchs.  C’est une forme narrative en soi. En websérie d’humour, c’est pas compliqué; il faut que tu punches fort, vite et souvent. Qu’est-ce qu’on regarde en premier quand on ouvre une vidéo? La durée.  Un clip trop long, ça décourage bein du monde. Une capsule, pour qu’elle marche, pour qu’elle soit virale, pour qu’elle soit vue, il faut qu’elle reste assez courte. Moi je préconise le 3 minutes ou moins. Au delà de 3 minutes, je m’assure que j’ai un punch très fort à mi-chemin, un gros éclat de rire, pour être sûr de garder les auditeurs intéressés.

Aussi, il y a certainement une réalisation et un montage particulier à une websérie d’humour. C’est difficile de trouver les mots exacts pour décrire la particularité du genre, mais encore ici, je dirais punché, rapide et droit au but. Des plans rapprochés, le plus souvent à caméra fixe, pour que ça ne prenne pas de temps à comprendre, le tout monté très serré. Regarde Contrat d’gars, regarde Fiston, regarde Bref; les gens cliquent, les gens partagent parce que c’est court, ça fait rire et on passe à autre chose au bout de 2 minutes. 

GM: Es-tu en train de dire qu’au delà de l’humour, point de salut en webtélé? Où vois-tu la dramatique, les magazines, les autres genres?

JR: Je pense qu’il y a certainement de la place pour d’autre chose que l’humour en webtélé, mais je ne suis pas du tout convaincu qu’une série dramatique ou qu’un magazine peut être viral, peut cumuler des millions de clics. Si on parle de succès populaire, tout se joue sur les médias sociaux. Le partage sur Facebook et sur Twitter est crucial; jusqu’ici, on n’a vu aucune websérie attirer des millions de clics sans l’effet viral des plateformes sociales.  Pour les séries dramatiques ou autres, d’après moi il faut établir des critères différents que le nombre total de clics pour juger si c’est un succès ou non, comme la solidité de la communauté de fans bâtie autour d’un projet, par exemple.

GM: Qu’est-ce que ça change d’avoir du succès en webtélé? Comment le rayonnement d’une série comme Contrat d’gars ou comme Fiston se fait-il sentir?

JR: Un gros hit sur le web, ça te met sur la map. À partir de là, il y a pas mal plus de gens qui te reconnaissent, dans l’industrie comme dans la vie de tous les jours.  Un succès populaire sur le web, ça te bâtit une base de fans qui te suit après, dans d’autres projets.  J’ai aussi eu quelques offres comme scripteur en télé après Contrat d’gars. Par contre, ça ne te rend pas riche, ça c’est clair! Créer une websérie est un très bon moyen de commencer, un bon tremplin que je recommande à quiconque a un peu de talent et veut se faire connaître, mais il ne faut pas penser se mettre riche avec ça.

GM: Que penses-tu de l’industrie de la webtélé au Québec telle qu’elle est en train de se structurer?

JR: Il y a quelque chose d’assez injuste dans le fonctionnement du marché de la webtélé, tel qu’il est pour le moment: je pense que les créateurs ne reçoivent pas leur juste part quand leur contenu est monétisé par le diffuseur d’une quelconque façon, par la pub par exemple. Avec 8 millions de clics sur trois saisons de Contrat d’gars et deux saisons d’Une vie de vrai gars, j’ai fait 10 000$.  J’ai beau avoir travaillé des heures de fou là-dessus, ce n’est pas ça qui m’a fait vivre dans les dernières années. Ça ne marchera pas à long terme de laisser les créateurs être mal payés comme c’est le cas en ce moment. Ça ne fera pas une industrie viable. Il faudrait repenser les structures financières et trouver un moyen de mieux distribuer les revenus associés à la diffusion de webtélé.  Étant donné que la situation est comme telle pour le moment, comme artiste ou artisan on essaie de voir si ce qu’on a créé est exploitable dans d’autres sphères.

GM: C’est intéressant de voir qu’on peut penser à des projets web comme à des «marques» qui se déclinent sur de multiples plateformes, au sens large du terme, comme on le fait souvent pour d’autres types de projets culturels. Dans le cas de Contrat d’gars ou de Fiston, est-ce qu’on pourrait penser sortir des personnages de webtélé de l’écran d’ordinateur pour faire une série télé ou un film, par exemple?

JR: C’est intéressant ce que tu dis, parce que oui on pense comme ça; Fiston était à la base un projet de livre qu’on a plutôt décidé de décliner en capsules web. À l’inverse, ce qui est créé sur le web peut très bien vivre ailleurs. Par exemple, cet été, Alexandre Champagne et moi allons amener nos personnages de Contrat d’gars sur scène au Zoofest et je vais faire la même chose aussi avec mon personnage de Fiston. J’ai vraiment hâte de voir si le public va me suivre là-dedans.

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Cet été, des personnages webtélé prendront effectivement d’assaut les scènes du Zoofest du Festival Juste pour rire, pour notre plus grand plaisir. On pourra voir le père de Fiston en compagnie de Martin Félip et Jérémy Larouche dans le spectacle Les Papas, les 5-6-7-9 et 10 juillet.  De leur côté, John et Alex de Contrat d’gars partageront la scène du Show XXX avec Kim Lizotte et Yannick De Martino les 18, 19, 20, 25, 26 et 27 juillet. Attention, ce dernier spectacle s’adresse à un public averti. Les billets seront mis en vente sous peu.

Billet écrit par: Gabrielle Madé


Prix NUMIX 2012 – Beaucoup de talent au pixel carré

Mercredi 16 mai, le tout numérique québécois était convié à la remise des Prix NUMIX 2012 au Monument National de Montréal. Cette troisième célébration de l’innovation multimédia était pilotée par Jean-Philippe Wautier et Olivier Niquet, membres du trio humoristique Le Sportnographe. Ouverture sur musique électronique, lutrin des animateurs en forme de foyer, présence d’un DJ sur scène qui rythme les remises de prix, voix robotisée nommée Sirix (clin d’oeil à l’assistante personnelle des très nombreux iPhones dans la salle, Siri) assistant les animateurs et animation graphique rappelant la thématique digitale de la célébration projetée à l’écran présentant les nominés et les gagnants; tout était en place pour une soirée sympathique et rythmée. Cerise sur le sundae, Wautier a même amené sur scène avec lui son chien Gaston, qui a tweeté à quelques reprises au cours de la soirée.

Les créateurs de Folk toi, folk moi

Quatre prix ont été remis dans la catégorie webtélé. Les oeuvres étaient jugées selon des critères d’originalité et d’innovation ainsi que selon la qualité générale du projet. Le premier trophée, remis pour production d’affaires publiques, magazine et documentaire, a été décerné à Mélissa Maya Falkenberg et Lucas H. Rupnik du studio Home Sweet Home pour le documentaire country Folk toi, folk moi. Émue et très fière, Mélissa Maya s’est exclamée «C’est comme la vengeance du country, je capote présentement!» Les gens présents dans la salle ont semblé particulièrement enthousiastes de voir ce projet indépendant triompher.

L’équipe de Juliette en direct

Du côté des productions jeunesse, c’est sans surprise que la charmante websérie Juliette en direct, produite par Passez Go et diffusée à Télé-Québec, a récolté les honneurs. Claire Dion, directrice du Fonds indépendant de production, a été chaleureusement remerciée d’encourager la webtélé au Québec.

Le duo derrière En audition avec Simon

En humour et variété, pas de grande surprise non plus; Simon-Olivier Fecteau et Guillaume L’Espérance, respectivement créateur et producteur d’En audition avec Simon, sont montés sur scène pour cueillir un prix récompensant la troisième et dernière saison des Auditions, qu’ils avaient également gagné l’an dernier pour la saison précédente.

Le producteur de Fabrique-moi un conte

La compétition était relevée pour le dernier prix, remis pour les fictions et dramatiques, et c’est finalement l’ambitieux projet interactif Fabrique-moi un conte créé par Jimmy Lee et diffusé par sur radio-canada.ca qui l’a emporté.

Il a été souligné à quelques reprises qu’une quantité énorme de créativité, d’imagination et de talent était réunie au pixel carré, mercredi le 16 mai, au Monument National. L’ambiance effervescente qui planait dans la salle laisse croire que malgré la qualité impressionnante des projets qui ont été mis en nomination cette année, le meilleur de la création et de l’innovation numérique québécoise reste encore à venir.

Billet rédigé par: Gabrielle Madé


Interroger l’interactivité en webtélé – Le cas d’Hors d’ondes

Le dernier épisode de la première saison d’Hors d’ondes – Confessions d’une téléréalité a été mis en ligne aujourd’hui. Ainsi est complétée, au terme de 10 épisodes, la diffusion de cette websérie qui se retrouve sans conteste parmi mes préférées de l’année.

Dans Hors d’ondes, on suit le quotidien d’une équipe de production d’une téléréalité nommée «L’Appart», au format comparable aux Big Brother et autres Loft Story qui prennent d’assaut nos écrans télé depuis plusieurs années déjà (trop longtemps, diront certains). Ainsi, la série produite par Turbulent met en scène Kim Rusk en productrice sans tabous ni morale, Anne-Élisabeth Bossé en assistante souffre-douleur de la productrice, Pierre-Luc Brillant en réalisateur blasé et Daniel Thomas en animateur à la fois narcissique et anxieux.  Ces personnages sont tantôt légèrement névrosés, tantôt manipulateurs et presque toujours politiquement incorrects, mais le jeu juste des quatre comédiens parvient à nous les rendre attachants malgré tout.

L’écriture de Caroline Mailloux et de Marie-Andrée Labbé sous-entend une critique ouverte des dérapages éthiques et du gros bon sens, qu’on soupçonnait déjà des coulisses des émissions de téléréalité.On dit d’ailleurs s’être basé sur des expériences bien réelles pour bâtir le scénario. Aucune limite (ni celles du bon goût, ni celles de la morale) ne retient l’équipe de production; on saoule les candidats pour mettre un peu d’action dans L’Appart, on manipule le vote du public via un montage biaisé et on ferait tout pour obtenir des premières pages de magazines, peu importe le nombre de réputations qu’on devra sacrifier pour y arriver.  Bref, la websérie humoristique porte un regard grinçant sur la télé et sur ce qu’on est prêt à y faire au nom de la lutte des cotes d’écoute, le tout présenté dans un enrobage visuel réussi.

L’interactivité remise en question

Au début de chaque épisode d’Hors d’ondes, on offre la possibilité d’écouter en mode linéaire (c’est-à-dire sans interruption) ou en mode interactif. C’est d’ailleurs grâce à cette composante interactive que la série a été jugée admissible au soutient financier du volet expérimental du Fonds des médias du Canada.  Ainsi, on nous propose d’accomplir des tâches simples, comme siffler dans le micro de son ordinateur ou secouer la tête devant sa webcam, pour avoir accès à des séquences bonus.  Ces «extras» ne font cependant pas avancer l’histoire; il s’agit simplement de capsules de quelques secondes, souvent absurdes, sans lien réel avec l’épisode en cours.

Ce volet interactif paraît pour le moins interrogeable. Sans enlever à la qualité narrative de la série, cette interaction avec le spectateur ne lui apporte rien non plus. En moyenne, 35% des gens qui visionnent un épisode d’Hors d’ondes le font en mode interactif. J’ai interrogé à ce sujet Marc Beaudet, président de Turbulent et producteur de la websérie, qui admet d’emblée que le niveau d’interactivité reste plutôt simple et très «grand public».

Marc Beaudet explique que la plupart des gens sont «paresseux» dans leur écoute. Selon lui, le public préfère une consommation en lean back comme en télévision lorsqu’on écoute une websérie plutôt qu’une consommation en lean forward, ce à quoi nous prédisposent habituellement les plateformes numériques.  Le producteur souligne qu’en général des gens ne sont pas intéressés à suivre une websérie où on les sollicite constamment. Selon lui, en cours de création, il faut garder en tête que bien que la webtélé soit un genre en soi, on reste beaucoup plus proche de l’univers de la télé que de celui du jeu vidéo. Dans la majorité des cas, le public ne chercherait pas à «jouer» lorsqu’il écoute une websérie, mais bien à être diverti, à relaxer, à se changer les idées.

Cette attitude relativement conservatrice des consommateurs de webtélé telle que décrite par Marc Beaudet est peut-être en partie attribuable au fait que ce qui a été qualifié jusqu’ici de webséries interactives, depuis la naissance du genre, peut s’être avéré décevant pour le public.  À mon avis, les webséries de ce type qui ont été diffusées jusqu’à maintenant n’explorent qu’une fraction de ce qui pourrait être fait en création audiovisuelle numérique. En l’occurrence, le cas d’Hors d’ondes en est un bon exemple. L’intégration d’un volet interactif à cette fiction déjà fort réussie est allignée avec les tendances créatives du moment sur le web, mais le résultat final laisse un peu dubitatif.

Dans ce cas précis, peut-être doit on interroger les critères peu flexibles du Fonds des médias du Canada qui exige un pan interactif pour que les projets de webséries soient admissibles à son volet expérimental. Dans une perspective plus large, peut-être devrait-on carrément remettre en question la pertinence de l’interactivité en webtélé; est-ce que c’est parce qu’on peut le faire qu’on doit le faire?  Le mode interactif nécessite-t-il une approche, une écriture et une mise en marché différentes de la websérie linéaire?  Lorsque bien intégrée à la trame narrative, l’interactivité ouvre-t-elle la porte à une proximité avec le public, à un engagement des fans que le mode linéaire ne permet pas?  De telles réflexions semblent pertinentes pour les créateurs, producteurs, diffuseurs et bailleurs de fonds qui gravitent dans l’univers toujours émergent de la webtélé.

Billet rédigé par: Gabrielle Madé