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Webséries financées par le FIP 2012-2013

Le Conseil d’administration du Fonds indépendant de production (FIP) a annoncé lundi le 18 juin le nom des webséries qui seront financées en 2012-2013.  Cette année, 1,5$ million sera investi par le FIP dans la production de séries originales destinées au web. À la base, le FIP a reçu 153 projets de compagnies de production canadiennes pour en retenir 31 en sélection finale, puis en choisir définitivement 15 à être financés, dont 5 francophones. Voici la liste des heureux élus au Québec (informations et descriptions fournies par le FIP):

Projet: La Brigadière

Production: Pixcom (Nadine Dufour)

Réalisation: Stéphane Lapointe

Scénario: Barclay Fortin

Webdiffusion: TVA

Description: Vous la voyez tous les jours au coin de la rue. Le trottoir semble être sa résidence secondaire. Son habillement, aux couleurs voyantes, ne laisse aucun doute sur son occupation… Vous l’avez évidemment reconnue, c’est elle : la brigadière scolaire qui se retrouve au coeur d’une websérie humoristique.
Projet: Juliette en direct – saison 3

Production: Passez Go (Vicky Bounadère)

Réalisation: Marie-Claude Blouin

Scénario: Yvan DeMuy

Webdiffusion: Télé-Québec

Description: C’est avec beaucoup d’entrain que Juliette récupère le contrôle de son placard pour une 3e saison. Alors que la saison 1 et 2 ont respectivement abordé le thème de l’adaptation et du développement des compétences personnelles, les dix épisodes de la 3e saison nous permettront d’explorer le dépassement de soi.


Projet: Manigances – saison 2

Production: Kebweb.tv (Isabel Dréan et Simon Côté)

Scénario: Ghislain O’PrêtreRéalisation: Isabel Dréan et Simon Côté

Webdiffusion: Kebweb.tv

Description: Un assassin dont personne ne connaît l’identité, seulement son surnom : « La Main ». Trois témoins prétendent pouvoir le démasquer. Ils sont protégés dans un motel sous surveillance vidéo. L’attente et les meurtres commencent… Et si « La Main » était l’une des personnes présentes?
Projet: Môtel Chevreuil

Production: Noir de Monde (Jean-François Aubé)

Réalisation: Jean-François Aubé, Nicholas Fournier, François Saint-Laurent

Scénario: Jean-François Aubé, Nicholas Fournier

Webdiffusion: Télé-Gaspé

Description: Motel Chevreuil est une websérie de fiction qui se déroule dans un petit motel situé en Gaspésie. Chaque épisode, met en scène la même chambre, dans laquelle défilent les personnages les plus singuliers et les situations les plus diverses.

 
Projet: Projet M (nommé «1000 jours» au dépôt du dossier au FIP)

Production: Babel (Marco Frascarelli)

Réalisation: Éric Piccoli

Scénario: Éric Piccoli, Mario Ramos, Julien Deschamps Jolin

Webdiffusion: Kebweb.tv

Description: Quatre personnes, aux caractères différents mais complémentaires, sont sélectionnées pour se livrer à une expérience hors du commun; tester la faisabilité d’un voyage aller‐retour de plus de 2 ans et demi vers Europe, une des lunes de Jupiter.

 
Kebweb est très heureux d’être le diffuseur de deux des cinq webséries choisies par le FIP, c’est-à-dire Manigances saison 2 et Projet-M.  Félicitations à tous les créateurs choisis!

Billet écrit par: Gabrielle Madé

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Nominations – Prix Gémeaux 2012

Les nominations pour le Gala des prix Gémeaux 2012 ont été dévoilées le lundi 11 juin. Voici la sélection du jury pour les six catégories webtélé:

Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : dramatique, comédie

BÊTES HUMAINES – Hala Alsalman, Sarah Olivia Mizrahi
EN AUDITION AVEC SIMON III – Simon Olivier Fecteau, Guillaume Lespérance (a_média), Jérôme Hellio (Société Radio-Canada)
LA REINE ROUGE – Olivier Sabino, Patrick Senécal, Martin Berardelli (Oliwood Films)
LE PIXEL MORT – Kim St-Pierre, Marie-Claire Lalonde (Voyous Films)
TEMPS MORT 3 – Marco Frascarelli, Éric Piccoli, Roberto Mei (Productions Babel), Pierre-Mathieu Fortin (Société Radio-Canada)

Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : humour, variétés

BURQUETTE – Josée Vallée (Cirrus Communications), Julie Roy (Office national du film), Christiane Asselin (Turbulent Média)
CAROLE AIDE SON PROCHAIN (SAISON 2) – Silvi Tourigny, Jean-François Renaud (Concertium)
FISTON – Jonathan Roberge
LE STAGE DE KASSANDRA – Dominic Leclerc, Isabelle Rivest
MR. RAMESH – Jean-François Bouchard, Richard Jean-Baptiste (Lib tv)

Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : affaires publiques, documentaire, magazine, sport

12TRACKS.TV – Frédéric Bastien Forrest, Pierre-Étienne Bordeleau, François Del Fante, Bruno Mercure (Mouvement de la Relève Musicale)
180º SUR LE TAPIS ROSE DE CATHERINE – Catherine Beauchamp, Lucas Rupnik, Yves Gagné (Les productions Rose Nanan), Jean-François Lemire (Shoot Studio)
FOLK TOI FOLK MOI (AVEC MELISSA MAYA) – Melissa Maya Falkenberg, Lucas Rupnik
KWAD9  – Martin Ceré, Pierre-Paul Larivière, Marie-Josée Lachance (Sympatico.ca), Francois Veillette (Trinôme)
PICK-UP : À LA RENCONTRE D’UN BOUT DU MONDE – Philippe-David Gagné, Jean-Marc E. Roy

Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : jeunesse

JULIETTE EN DIRECT (SAISON 2) – Vicky Bounadère, Marie-Claude Blouin, Félix Tétreault (Les productions Passez Go), Hélène Archambault (Télé-Québec)
PAPARADIS PROJET WEB  – Frédérick Béland, Vincent Gourd (B612 Communications)
ROXY ET MAX S’ANIMENT – Marie Masse (TFO)

Meilleure émission ou série originale interactive produite pour les nouveaux médias

BLA BLA – Hugues Sweeney (Office national du film)
HORS D’ONDES – Christiane Asselin, Marc Beaudet, Claire Buffet (Turbulent Média), Marie-Josée Lachance (Sympatico.ca)
LE GUIDE DE VOTRE VIE – Michel Bissonnette, André Larin, Vincent Leduc, Brigitte Lemonde, Jacques Payette, Vincent Turgeon (Zone3)

Meilleure émission ou série documentaire originale interactive produite pour les nouveaux médias

CODE BARRE – Hugues Sweeney (Office national du film), Joël Ronez, Rob McLaughlin, Marianne Levy-Leblond, David Carzon (ARTE France)
LE BRUIT DES MOTS – Karine Dubois (Picbois Productions), Pierre-Mathieu Fortin, Jérôme Hellio (Société Radio-Canada), Philippe Archontakis (Departement)
LES ENFANTS DE LA BOLDUC – Jacques Blain, Marie-Dominique Michaud (Lusio Films)
RÉFUGIÉS OUBLIÉS : LES PALESTINIENS AU LIBAN – Danny Braün, Marie-Eve Rheault (Société Radio-Canada)

Le 27e Gala des prix Gémeaux, animé par Joël Legendre, sera diffusé le 16 septembre 2012 sur les ondes de Radio-Canada. Félicitations aux nommés!

Billet écrit par: Gabrielle Madé


Des genres oubliés en télé revivent sur le web

On trouve dans le paysage des webséries québécoises des genres qu’on ne voit pas, ou très rarement, dans les médias traditionnels. Les télédiffuseurs disposant d’une grille-horaire limitée à 24 heures d’«espace» quotidien, sont contraints de faire des choix de programmation en fonction des genres les plus rassembleurs afin de maximiser leurs cotes d’écoute. Ainsi, la télévision est organisée en fonction d’une logique de masse. L’espace étant illimité sur le web, les stratégies de programmation y sont différentes; un produit ne prenant pas la case horaire d’un autre, le contenu web est plutôt organisé selon une logique de niche.

Le web constitue la plateforme parfaite pour les genres jugés trop pointus pour la télé. Pensons par exemple à la dystopie post-apocalyptique Temps mort, à la websérie d’horreur La Reine Rouge ou encore à l’humour particulièrement salé de Contrat d’gars; voilà trois produits relevant de genres rarement présents dans les médias traditionnels québécois qui ont pourtant su trouver leur public sur le web.

Dans le même ordre d’idées, trois productions webtélé courantes méritent d’être découvertes : créées au cours de la dernière année, elles s’apparentent à des genres eux aussi peu fréquentés par les médias québécois: Fréquences (suspense psychologique de science-fiction), le Strobosketch (humour absurde) et Folk-toi, folk-moi (documentaire musical country).

Fréquences

Fréquences est un huis clos où cinq volontaires, enfermés dans une maison de campagne, subissent une expérience psychique. Le chef d’orchestre de l’opération, un professeur obnubilé par ses recherches, expose ses jeunes cobayes à des ondes de différentes fréquences et leur fait revivre de douloureux événements passés, le tout ayant des effets pour le moins troublants sur eux. Diffusée sur le portail web de Ztélé, la série est une production de Tungsten Visuel et a été financée via le volet expérimental du Fonds des médias du Canada.

Le contenu de Fréquences est décliné en trois axes; la plateforme d’un grand esthétisme conçue pour la série distingue les épisodes comme tels des séquences additionnelles tournées dans le sas où se déroule une partie de l’expérimentation ainsi que des capsules de dialogue intérieur des personnages. Ces deux dernières catégories de clips ne sont pas rendues disponibles dans l’ordre chronologique des épisodes mais plutôt dans un ordre choisi par les créateurs, ce qui ajoute des effets narratifs de flash-back et de flash-forward à la série.

La niche d’amateurs de science-fiction est-elle trop restreinte au Québec pour permettre à un projet de ce type de vivre sur les écrans traditionnels? Peut-être, mais vu la haute qualité de cette production, parions que Fréquences trouvera rapidement son public sur le web.

 

Le Strobosketch

Véritable ovni créatif, le Strobosketch prend la forme de capsules de moins de deux minutes rassemblant de très courts sketchs du type «une ligne, un punch».  Le ton très absurde des blagues n’est pas sans rappeler l’univers décalé des Chick n’ Swell à leurs débuts ou encore celui de Bruno Blanchet dans ses chroniques à La fin du monde est à 7 heures.

La série de capsules est signée du mystérieux surnom «Snip Snip Wilson». Les créateurs, qui souhaitent garder l’anonymat, affirment ne pas avoir d’objectif concret pour leur série et encore moins de stratégie de mise en marché ou de plan d’affaires. Ils avaient simplement envie de mettre en image leurs idées décalées, alors ils ont créé le Strobosketch. Voilà une philosophie plutôt underground qu’on n’observe pratiquement jamais, pour des raisons évidentes, dans les médias traditionnels.

Strobosketch – Episode 3 from Snip Snip Wilson on Vimeo.

Folk-toi, folk-moi

Folk-toi, folk-moi est une production indépendante décrivant les multiples facettes de la culture et de la musique country. Ici, c’est le sujet au cœur de cette websérie documentaire qui est généralement boudé par les médias traditionnels; en effet, peu de place est réservée au country et à ses dérivés dans les stations de radio et à la télévision. Folk-toi, folk-moi trace un portrait bien documenté des origines du Rockabilly, du Honky Tonk et du Blue Grass, et présente des rencontres avec d’authentiques amateurs du genre qui font que le country est encore bien vivant aujourd’hui.

Melissa Maya Falkenberg et Lucas H. Rupnik, co-fondateurs du Studio Home Sweet Home, ont joué le tout pour le tout, aillant même jusqu’à hypothéquer leur maison, pour que leur projet puisse voir le jour. Une telle détermination est admirable; voilà des créateurs passionnés qui ont relevé haut la main le défi de la production indépendante d’une série web fort intéressante.  On leur lève notre chapeau (de cowboy)!

Billet écrit par: Gabrielle Madé


Prix NUMIX 2012 – Beaucoup de talent au pixel carré

Mercredi 16 mai, le tout numérique québécois était convié à la remise des Prix NUMIX 2012 au Monument National de Montréal. Cette troisième célébration de l’innovation multimédia était pilotée par Jean-Philippe Wautier et Olivier Niquet, membres du trio humoristique Le Sportnographe. Ouverture sur musique électronique, lutrin des animateurs en forme de foyer, présence d’un DJ sur scène qui rythme les remises de prix, voix robotisée nommée Sirix (clin d’oeil à l’assistante personnelle des très nombreux iPhones dans la salle, Siri) assistant les animateurs et animation graphique rappelant la thématique digitale de la célébration projetée à l’écran présentant les nominés et les gagnants; tout était en place pour une soirée sympathique et rythmée. Cerise sur le sundae, Wautier a même amené sur scène avec lui son chien Gaston, qui a tweeté à quelques reprises au cours de la soirée.

Les créateurs de Folk toi, folk moi

Quatre prix ont été remis dans la catégorie webtélé. Les oeuvres étaient jugées selon des critères d’originalité et d’innovation ainsi que selon la qualité générale du projet. Le premier trophée, remis pour production d’affaires publiques, magazine et documentaire, a été décerné à Mélissa Maya Falkenberg et Lucas H. Rupnik du studio Home Sweet Home pour le documentaire country Folk toi, folk moi. Émue et très fière, Mélissa Maya s’est exclamée «C’est comme la vengeance du country, je capote présentement!» Les gens présents dans la salle ont semblé particulièrement enthousiastes de voir ce projet indépendant triompher.

L’équipe de Juliette en direct

Du côté des productions jeunesse, c’est sans surprise que la charmante websérie Juliette en direct, produite par Passez Go et diffusée à Télé-Québec, a récolté les honneurs. Claire Dion, directrice du Fonds indépendant de production, a été chaleureusement remerciée d’encourager la webtélé au Québec.

Le duo derrière En audition avec Simon

En humour et variété, pas de grande surprise non plus; Simon-Olivier Fecteau et Guillaume L’Espérance, respectivement créateur et producteur d’En audition avec Simon, sont montés sur scène pour cueillir un prix récompensant la troisième et dernière saison des Auditions, qu’ils avaient également gagné l’an dernier pour la saison précédente.

Le producteur de Fabrique-moi un conte

La compétition était relevée pour le dernier prix, remis pour les fictions et dramatiques, et c’est finalement l’ambitieux projet interactif Fabrique-moi un conte créé par Jimmy Lee et diffusé par sur radio-canada.ca qui l’a emporté.

Il a été souligné à quelques reprises qu’une quantité énorme de créativité, d’imagination et de talent était réunie au pixel carré, mercredi le 16 mai, au Monument National. L’ambiance effervescente qui planait dans la salle laisse croire que malgré la qualité impressionnante des projets qui ont été mis en nomination cette année, le meilleur de la création et de l’innovation numérique québécoise reste encore à venir.

Billet rédigé par: Gabrielle Madé


Interroger l’interactivité en webtélé – Le cas d’Hors d’ondes

Le dernier épisode de la première saison d’Hors d’ondes – Confessions d’une téléréalité a été mis en ligne aujourd’hui. Ainsi est complétée, au terme de 10 épisodes, la diffusion de cette websérie qui se retrouve sans conteste parmi mes préférées de l’année.

Dans Hors d’ondes, on suit le quotidien d’une équipe de production d’une téléréalité nommée «L’Appart», au format comparable aux Big Brother et autres Loft Story qui prennent d’assaut nos écrans télé depuis plusieurs années déjà (trop longtemps, diront certains). Ainsi, la série produite par Turbulent met en scène Kim Rusk en productrice sans tabous ni morale, Anne-Élisabeth Bossé en assistante souffre-douleur de la productrice, Pierre-Luc Brillant en réalisateur blasé et Daniel Thomas en animateur à la fois narcissique et anxieux.  Ces personnages sont tantôt légèrement névrosés, tantôt manipulateurs et presque toujours politiquement incorrects, mais le jeu juste des quatre comédiens parvient à nous les rendre attachants malgré tout.

L’écriture de Caroline Mailloux et de Marie-Andrée Labbé sous-entend une critique ouverte des dérapages éthiques et du gros bon sens, qu’on soupçonnait déjà des coulisses des émissions de téléréalité.On dit d’ailleurs s’être basé sur des expériences bien réelles pour bâtir le scénario. Aucune limite (ni celles du bon goût, ni celles de la morale) ne retient l’équipe de production; on saoule les candidats pour mettre un peu d’action dans L’Appart, on manipule le vote du public via un montage biaisé et on ferait tout pour obtenir des premières pages de magazines, peu importe le nombre de réputations qu’on devra sacrifier pour y arriver.  Bref, la websérie humoristique porte un regard grinçant sur la télé et sur ce qu’on est prêt à y faire au nom de la lutte des cotes d’écoute, le tout présenté dans un enrobage visuel réussi.

L’interactivité remise en question

Au début de chaque épisode d’Hors d’ondes, on offre la possibilité d’écouter en mode linéaire (c’est-à-dire sans interruption) ou en mode interactif. C’est d’ailleurs grâce à cette composante interactive que la série a été jugée admissible au soutient financier du volet expérimental du Fonds des médias du Canada.  Ainsi, on nous propose d’accomplir des tâches simples, comme siffler dans le micro de son ordinateur ou secouer la tête devant sa webcam, pour avoir accès à des séquences bonus.  Ces «extras» ne font cependant pas avancer l’histoire; il s’agit simplement de capsules de quelques secondes, souvent absurdes, sans lien réel avec l’épisode en cours.

Ce volet interactif paraît pour le moins interrogeable. Sans enlever à la qualité narrative de la série, cette interaction avec le spectateur ne lui apporte rien non plus. En moyenne, 35% des gens qui visionnent un épisode d’Hors d’ondes le font en mode interactif. J’ai interrogé à ce sujet Marc Beaudet, président de Turbulent et producteur de la websérie, qui admet d’emblée que le niveau d’interactivité reste plutôt simple et très «grand public».

Marc Beaudet explique que la plupart des gens sont «paresseux» dans leur écoute. Selon lui, le public préfère une consommation en lean back comme en télévision lorsqu’on écoute une websérie plutôt qu’une consommation en lean forward, ce à quoi nous prédisposent habituellement les plateformes numériques.  Le producteur souligne qu’en général des gens ne sont pas intéressés à suivre une websérie où on les sollicite constamment. Selon lui, en cours de création, il faut garder en tête que bien que la webtélé soit un genre en soi, on reste beaucoup plus proche de l’univers de la télé que de celui du jeu vidéo. Dans la majorité des cas, le public ne chercherait pas à «jouer» lorsqu’il écoute une websérie, mais bien à être diverti, à relaxer, à se changer les idées.

Cette attitude relativement conservatrice des consommateurs de webtélé telle que décrite par Marc Beaudet est peut-être en partie attribuable au fait que ce qui a été qualifié jusqu’ici de webséries interactives, depuis la naissance du genre, peut s’être avéré décevant pour le public.  À mon avis, les webséries de ce type qui ont été diffusées jusqu’à maintenant n’explorent qu’une fraction de ce qui pourrait être fait en création audiovisuelle numérique. En l’occurrence, le cas d’Hors d’ondes en est un bon exemple. L’intégration d’un volet interactif à cette fiction déjà fort réussie est allignée avec les tendances créatives du moment sur le web, mais le résultat final laisse un peu dubitatif.

Dans ce cas précis, peut-être doit on interroger les critères peu flexibles du Fonds des médias du Canada qui exige un pan interactif pour que les projets de webséries soient admissibles à son volet expérimental. Dans une perspective plus large, peut-être devrait-on carrément remettre en question la pertinence de l’interactivité en webtélé; est-ce que c’est parce qu’on peut le faire qu’on doit le faire?  Le mode interactif nécessite-t-il une approche, une écriture et une mise en marché différentes de la websérie linéaire?  Lorsque bien intégrée à la trame narrative, l’interactivité ouvre-t-elle la porte à une proximité avec le public, à un engagement des fans que le mode linéaire ne permet pas?  De telles réflexions semblent pertinentes pour les créateurs, producteurs, diffuseurs et bailleurs de fonds qui gravitent dans l’univers toujours émergent de la webtélé.

Billet rédigé par: Gabrielle Madé