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Des genres oubliés en télé revivent sur le web

On trouve dans le paysage des webséries québécoises des genres qu’on ne voit pas, ou très rarement, dans les médias traditionnels. Les télédiffuseurs disposant d’une grille-horaire limitée à 24 heures d’«espace» quotidien, sont contraints de faire des choix de programmation en fonction des genres les plus rassembleurs afin de maximiser leurs cotes d’écoute. Ainsi, la télévision est organisée en fonction d’une logique de masse. L’espace étant illimité sur le web, les stratégies de programmation y sont différentes; un produit ne prenant pas la case horaire d’un autre, le contenu web est plutôt organisé selon une logique de niche.

Le web constitue la plateforme parfaite pour les genres jugés trop pointus pour la télé. Pensons par exemple à la dystopie post-apocalyptique Temps mort, à la websérie d’horreur La Reine Rouge ou encore à l’humour particulièrement salé de Contrat d’gars; voilà trois produits relevant de genres rarement présents dans les médias traditionnels québécois qui ont pourtant su trouver leur public sur le web.

Dans le même ordre d’idées, trois productions webtélé courantes méritent d’être découvertes : créées au cours de la dernière année, elles s’apparentent à des genres eux aussi peu fréquentés par les médias québécois: Fréquences (suspense psychologique de science-fiction), le Strobosketch (humour absurde) et Folk-toi, folk-moi (documentaire musical country).

Fréquences

Fréquences est un huis clos où cinq volontaires, enfermés dans une maison de campagne, subissent une expérience psychique. Le chef d’orchestre de l’opération, un professeur obnubilé par ses recherches, expose ses jeunes cobayes à des ondes de différentes fréquences et leur fait revivre de douloureux événements passés, le tout ayant des effets pour le moins troublants sur eux. Diffusée sur le portail web de Ztélé, la série est une production de Tungsten Visuel et a été financée via le volet expérimental du Fonds des médias du Canada.

Le contenu de Fréquences est décliné en trois axes; la plateforme d’un grand esthétisme conçue pour la série distingue les épisodes comme tels des séquences additionnelles tournées dans le sas où se déroule une partie de l’expérimentation ainsi que des capsules de dialogue intérieur des personnages. Ces deux dernières catégories de clips ne sont pas rendues disponibles dans l’ordre chronologique des épisodes mais plutôt dans un ordre choisi par les créateurs, ce qui ajoute des effets narratifs de flash-back et de flash-forward à la série.

La niche d’amateurs de science-fiction est-elle trop restreinte au Québec pour permettre à un projet de ce type de vivre sur les écrans traditionnels? Peut-être, mais vu la haute qualité de cette production, parions que Fréquences trouvera rapidement son public sur le web.

 

Le Strobosketch

Véritable ovni créatif, le Strobosketch prend la forme de capsules de moins de deux minutes rassemblant de très courts sketchs du type «une ligne, un punch».  Le ton très absurde des blagues n’est pas sans rappeler l’univers décalé des Chick n’ Swell à leurs débuts ou encore celui de Bruno Blanchet dans ses chroniques à La fin du monde est à 7 heures.

La série de capsules est signée du mystérieux surnom «Snip Snip Wilson». Les créateurs, qui souhaitent garder l’anonymat, affirment ne pas avoir d’objectif concret pour leur série et encore moins de stratégie de mise en marché ou de plan d’affaires. Ils avaient simplement envie de mettre en image leurs idées décalées, alors ils ont créé le Strobosketch. Voilà une philosophie plutôt underground qu’on n’observe pratiquement jamais, pour des raisons évidentes, dans les médias traditionnels.

Strobosketch – Episode 3 from Snip Snip Wilson on Vimeo.

Folk-toi, folk-moi

Folk-toi, folk-moi est une production indépendante décrivant les multiples facettes de la culture et de la musique country. Ici, c’est le sujet au cœur de cette websérie documentaire qui est généralement boudé par les médias traditionnels; en effet, peu de place est réservée au country et à ses dérivés dans les stations de radio et à la télévision. Folk-toi, folk-moi trace un portrait bien documenté des origines du Rockabilly, du Honky Tonk et du Blue Grass, et présente des rencontres avec d’authentiques amateurs du genre qui font que le country est encore bien vivant aujourd’hui.

Melissa Maya Falkenberg et Lucas H. Rupnik, co-fondateurs du Studio Home Sweet Home, ont joué le tout pour le tout, aillant même jusqu’à hypothéquer leur maison, pour que leur projet puisse voir le jour. Une telle détermination est admirable; voilà des créateurs passionnés qui ont relevé haut la main le défi de la production indépendante d’une série web fort intéressante.  On leur lève notre chapeau (de cowboy)!

Billet écrit par: Gabrielle Madé

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