Kebweb.tv, le carrefour des webtélés

Webtélé USA

Quand nos voisins s’y mettent

Ça fait assez longtemps que les Américains ont compris l’importance et l’ampleur des vidéos virales sur internet. On peut prendre pour exemple les gars de Jackass, que tout le monde connait pour leurs exploits particulièrement saugrenus et/ou dégoutants. On peut maintenant les voir sur nos grands écrans.  Et c’est un exemple parmi tant d’autres de phénomènes qui se sont développés sur le web. Mais qu’en est-il des personnalités déjà connues, les « stars »?

À la fin de 2006, le portail Funny or Die fût créé par nul autre que Will Ferell et Adam McKay (réalisateur de Talladega Night et Anchorman). Funny or Die est le site idéal pour perdre son temps de travail au profit du bidonnage. Question « moyen de procrastination par excellence », on a rarement vu mieux. Le site rassemble un nombre incroyable de vidéos drôles d’enfants, de chats, de gens qui tombent (et j’en passe) pour lesquelles le public peut voter. Mais ce qui est le plus génial de Funny Or Die, c’est le contenu original créé par le FOD Team ; des imitations, de fausses entrevues, des parodies… et souvent avec la participation de vedettes américaines. On peut y voir Will Ferell, évidemment, mais d’autres personnalités très connues qui se sont mises de la partie comme Zach Galifianakis, Natalie Portman, Lindsay Lohan, James Franco, Charlie Sheen, etc. Je suis presque certaine que vous avez tous vu le sketch « The Landlord », la premier à avoir été en ligne sur le site, qui a été visionné plus de 70 millions de fois. Oui oui, vous savez, le bébé alcoolique qui sacre et qui vient menacer Will Ferell afin de ravoir son argent? Ha bon, vous voyez maintenant. Saviez-vous que ce bébé est la petite fille d’Adam McKay en personne? Même les bébés de stars font de la webtélé!

funnyordie

Lisa Kudrow, que nous connaissons notamment grâce à son rôle de Phoebe Buffay dans Friends, est l’auteure, conceptrice et productrice exécutive d’une série web qui a eu un grand succès de 2008 à 2010, Web Therapy. L’excellente Lisa Kudrow y interprète une psychologue cinglée et désagréable à souhait qui se targue d’avoir inventé la « web therapy », un concept de thérapie en ligne!  Le concept est très simple ; deux personnages communiquant par leur webcam. Il n’y a pas soixante-dix décors, pas d’explosions couteuses et les dialogues sont improvisés, mais c’est efficace. Ce n’est pas drôle à se lancer sur les murs, mais les situations de malaise sont irrésistibles, et puisque c’est de l’improvisation (ce qui, je trouve, est un tour de force), le naturel des répliques nous font presque croire qu’on assiste vraiment à une espèce de thérapie louche. Et encore une fois, plusieurs stars se sont jointes à la série : Selma Blair, Jane Lynch, Courteney Cox et même la merveilleuse Meryl Streep! Web Therapy sera aussi en onde sur Showtime dès le 19 juillet.

webtherapy


Plus récemment, en mars 2011, une nouvelle série dramatique a fait son apparition sur le portail américain Hulu, The Confession. Mettant en vedette Kiefer Sutherland et John Hurt, The Confession est l’histoire d’un tueur à gages (Sutherland) qui raconte à un prêtre (Hurt) ses meurtres. Rien de moins. La série n’est pas encore disponible au Canada, mais elle devrait l’être d’ici la fin juin sur CTV.ca. La série a remportée un énorme succès aux États-Unis malgré ses courts épisodes (5-6 minutes) et le défi d’y construire une intrigue digne d’une vraie série d’action en si peu de temps. On parle même d’en faire un film.

Bref, voici quelques exemples d’un mouvement web bien amorcé par les stars d’Hollywood. Loin de moi l’idée d’affirmer que les « vedettes » sont nécessaires au succès d’une webtélé, que ce soit ici ou ailleurs, mais plutôt de démontrer un attrait, une reconnaissance du médium. Ce que je trouve merveilleux, c’est que la plupart de ces artisans sont payés une fortune pour faire un film ou une série télé, mais qu’ils font maintenant de la webtélé pour probablement pas cher. Certains en sont même les instigateurs.

Au Québec, avec En audition avec Simon, plusieurs vedettes (Michel Côté, Marc-André Grondin, Jay Baruchel) ont osées jouer le jeu. Même chose pour Catherine Trudeau, Julie Perreault, Maxim Gaudette et compagnie dans Fabrique-moi un conte. Nous avons aussi pu voir Jacques L’Heureux et Roc Lafortune dans Les Roux. Les artistes québécois prennent de plus en plus le monde du web au sérieux, et comprennent qu’il y a là un moyen d’expression important à ne pas négliger.

Qu’est-ce qui nourrit le phénomène? Qu’est-ce qui fait qu’un artiste fait de la webtélé? Le désir de se bâtir ou de se rebâtir une carrière? La peur de ne pas être dans le coup? L’envie de changer d’image? Ou serait-ce tout simplement  pour jouer ce qui leur plaît, sans censure, pour le plaisir? Pour se rapprocher du public? Pour le bonheur de travailler avec une équipe qui leur est chère? De faire du travail de qualité qui peut être vu partout dans le monde, sans avoir nécessairement la pression d’un long métrage qui coûte et rapporte des millions? Peu importe, je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise réponse.

L’important c’est que la webtélé prend de l’ampleur, qu’elle est reconnue et appréciée de tous, de plus en plus.

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