«Financez une websérie qui vous ressemble!» – Le sociofinancement en webtélé
Le sociofinancement (crowdfunding en anglais) est une forme de financement alternative aux modèles traditionnels basés sur la publicité, les subventions publiques ou l’abonnement. En sociofinancement, le créateur d’un projet lance un appel général au public à qui veut bien contribuer à financer ledit projet, en échange de quoi les investisseurs sont récompensés par diverses contreparties personnalisées, selon leur niveau de contribution. Par exemple, pour une websérie, les donateurs de 20$ peuvent se voir offrir une affiche autographiée des artisans ainsi que leur nom au générique, alors que les fans offrant 50$ recevront également une copie DVD de la saison complète. Les expressions « production communautaire », «production participative », « financement participatif » ou «financement 2.0» sont également utilisées pour désigner cette pratique.
Les campagnes de sociofinancement opèrent soit selon le principe du «tout ou rien» ou selon celui du financement flexible. Dans le premier cas, le porteur de projet détermine un montant qu’il aimerait obtenir ainsi qu’un laps de temps qu’il se donne pour amasser cet argent. Par exemple, un réalisateur souhaitant lever des fonds pour son prochain court-métrage peut évaluer ses besoins à 10 000$ et se donner 60 jours pour atteindre cet objectif. Si il réussit à amasser cette somme dans les temps donnés, ses investisseurs seront chacun débités du montant qu’ils avaient promis et le projet aura réussi sa campagne de sociofinancement. Par contre, si l’objectif n’est pas rempli à temps, aucun argent ne sera débité du compte des investisseurs et le réalisateur ne recevra rien. La plupart des plateformes de sociofinancement opèrent selon ces termes. Dans le cas des campagnes à financement flexible, le créateur du projet à être financé affiche l’objectif monétaire qu’il aimerait atteindre, mais les dons qu’il cumule lui sont versés peu importe s’il atteint le montant fixé ou non. Règle générale, pour la majorité des campagnes de sociofinancement, le créateur conserve l’intégralité de ses droits sur la production à venir.
Plusieurs plateformes, beaucoup de projets
Bien qu’il soit plus populaire que jamais, le sociofinancement est loin d’être un phénomène né à l’ère 2.0. En 1958, John Cassavetes a financé son premier film Shadows grâce aux contributions du public suite à plusieurs appels radiophoniques : «Financez un film qui vous ressemble!» disait-il. Plus tard, plusieurs autres appels à contribution publique firent la manchette, dont le plus célèbre exemple est sans doute la campagne présidentielle de 2008 de Barack Obama, qui a réussi en 21 mois à amasser plus de 750 millions de dollars.
Bien que quelques créateurs développent leur propre plateforme pour mener leur campagne de sociofinancement, la majorité des projets appelant à la contribution de la communauté de trouvent sur des plateformes accueillant de nombreuses campagnes à la fois.
Kickstarter est la plus connues d’entre-elles; hébergeant des propositions toutes sortes liées entres autres aux arts, à l’audiovisuel, à la mode et à la technologie, elle ratisse large et est très visitée. Selon l’entreprise, qui opère selon le principe du tout ou rien, environ 44% des projets soumis sur Kickstarter réussissent leur campagne de financement. Le plus éclatant succès de la plateforme est sans doute celui de l’auteure-compositrice-interprète Amanda Palmer. L’artiste américaine a demandé au début mai 2012 un montant de 100 000$ pour financer la promotion de son nouvel album ainsi que sa prochaine tournée. En 30 jours, son projet a amassé la somme record de 1 192 793$, soit plus de 1 192% du montant initialement demandé. Bien qu’elle ne soit pas la seule à avoir été agréablement surprise par la communauté Kickstarter, le succès d’Amanda Palmer constitue tout de même un cas à part.
Indiegogo occupe une place grandissante dans l’univers des campagnes de financement participatif. Cette plateforme a la particularité d’être tout spécifiquement orientée vers le «social»; beaucoup d’emphase est mise sur le rayonnement des projets proposés sur les médias sociaux. Plus un porteur de projet mettra d’énergie à promouvoir sa campagne sur les réseaux sociaux et plus celle-ci attirera de dons, plus son «gogofactor» sera élevé et ainsi plus Indiegogo fera elle aussi la promotion de ce projet via ses comptes sur les réseaux sociaux et plus elle lui offrira une grande visibilité sur sa plateforme.
Basée également sur le modèle du tout ou rien, Touscoprod est dédié au sociofinancement de projets en cinéma et en audiovisuel. Les appels à financement lancés sur cette plateforme tournent principalement autour de l’amélioration des conditions de production, diffusion et promotion de projets de films. Parmi les campagnes réussies sur ce site, on compte le troisième long métrage de Xavier Dolan, Laurence Anyways, qui a légèrement surpassé son objectif de 35 000$ à la veille du lancement du film, au printemps 2012.
Webséries et sociofinancement
De plus en plus de créateurs de webséries québécoises se tournent vers le sociofinancement pour éponger en totalité ou en partie
leurs coûts de production et de mise en marché. La plupart des projets webtélé d’ici optent pour un financement flexible, en se fixant quand même chacun un objectif chiffré. Parmi les campagnes actives en ce moment, notons celle de Manigances, saison 2. Les producteurs et réalisateurs de la série Isabel Dréan et Simon côté (aussi créateurs de Kebweb.tv), ont développé un microsite dédié à la levée de fonds permettant d’accueillir les dons des fans en échange de cadeaux personnalisés pour les donateurs.
Les Jaunes, nouvelle websérie portée par le réalisateur Rémi Fréchette et à être diffusée sur Kebweb.tv en 2013, fait un appel à tous pour financer son tournage. La campagne de financement de la comédie d’horreur se tient sur Indiegogo et se termine sous peu, le 2 juillet. Également sur Indiegogo, l’appel à tous pour la saison 2 de la websérie docu-fiction Pete Boisclair vient d’être lancé. Hervé Baillargeon et Charles Grenier, respectivement réalisateur et concepteur / comédien principal de la série, se tournent vers leurs fans pour faire revivre ce personnage pour le moins coloré qu’est Pete Boisclair, qui avait pris d’assaut les internets dans la première saison de la série, diffusée en 2009.
Enfin, une websérie qui se démarque légèrement des autres de par la communauté qu’elle vise et qui la porte, Féminin/féminin, la première websérie lesbienne au Québec, est en pleine campagne de financement sur Yoyomolo. La productrice Florence Gagnon détaille ainsi les raisons qui ont mené l’équipe à faire un appel à tous pour la première phase de leur financement: «Pour nous, c’est important que la communauté lesbienne participe à plusieurs étapes de la création, car nous manquons vraiment de modèles. Nous voulions que la communauté nous aide à façonner cette websérie, pas seulement financièrement, mais aussi au niveau du contenu. Il s’agit d’un projet qui exige beaucoup de travail et de moyens, nous avons donc voulu impliquer les filles autour de nous ainsi que leur entourage à elles aussi.» Le tournage de Féminin/féminin, réalisé par Chloé Robichaud, est prévu pour 2013. La websérie sera diffusée sur la plateforme dédiée à la communauté lesbienne Lez Spread The Word.
Webséries financées par le FIP 2012-2013
Le Conseil d’administration du Fonds indépendant de production (FIP) a annoncé lundi le 18 juin le nom des webséries qui seront financées en 2012-2013. Cette année, 1,5$ million sera investi par le FIP dans la production de séries originales destinées au web. À la base, le FIP a reçu 153 projets de compagnies de production canadiennes pour en retenir 31 en sélection finale, puis en choisir définitivement 15 à être financés, dont 5 francophones. Voici la liste des heureux élus au Québec (informations et descriptions fournies par le FIP):
Production: Pixcom (Nadine Dufour)
Réalisation: Stéphane Lapointe
Scénario: Barclay Fortin
Webdiffusion: TVA
Description: Vous la voyez tous les jours au coin de la rue. Le trottoir semble être sa résidence secondaire. Son habillement, aux couleurs voyantes, ne laisse aucun doute sur son occupation… Vous l’avez évidemment reconnue, c’est elle : la brigadière scolaire qui se retrouve au coeur d’une websérie humoristique.
Projet: Juliette en direct – saison 3
Production: Passez Go (Vicky Bounadère)
Réalisation: Marie-Claude Blouin
Scénario: Yvan DeMuy
Webdiffusion: Télé-Québec
Description: C’est avec beaucoup d’entrain que Juliette récupère le contrôle de son placard pour une 3e saison. Alors que la saison 1 et 2 ont respectivement abordé le thème de l’adaptation et du développement des compétences personnelles, les dix épisodes de la 3e saison nous permettront d’explorer le dépassement de soi.
Production: Kebweb.tv (Isabel Dréan et Simon Côté)
Scénario: Ghislain O’PrêtreRéalisation: Isabel Dréan et Simon Côté
Webdiffusion: Kebweb.tv
Description: Un assassin dont personne ne connaît l’identité, seulement son surnom : « La Main ». Trois témoins prétendent pouvoir le démasquer. Ils sont protégés dans un motel sous surveillance vidéo. L’attente et les meurtres commencent… Et si « La Main » était l’une des personnes présentes?
Projet: Môtel Chevreuil
Production: Noir de Monde (Jean-François Aubé)
Réalisation: Jean-François Aubé, Nicholas Fournier, François Saint-Laurent
Scénario: Jean-François Aubé, Nicholas Fournier
Webdiffusion: Télé-Gaspé
Description: Motel Chevreuil est une websérie de fiction qui se déroule dans un petit motel situé en Gaspésie. Chaque épisode, met en scène la même chambre, dans laquelle défilent les personnages les plus singuliers et les situations les plus diverses.
Projet: Projet M (nommé «1000 jours» au dépôt du dossier au FIP)
Production: Babel (Marco Frascarelli)
Réalisation: Éric Piccoli
Scénario: Éric Piccoli, Mario Ramos, Julien Deschamps Jolin
Webdiffusion: Kebweb.tv
Description: Quatre personnes, aux caractères différents mais complémentaires, sont sélectionnées pour se livrer à une expérience hors du commun; tester la faisabilité d’un voyage aller‐retour de plus de 2 ans et demi vers Europe, une des lunes de Jupiter.
Kebweb est très heureux d’être le diffuseur de deux des cinq webséries choisies par le FIP, c’est-à-dire Manigances saison 2 et Projet-M. Félicitations à tous les créateurs choisis!
Nominations – Prix Gémeaux 2012
Les nominations pour le Gala des prix Gémeaux 2012 ont été dévoilées le lundi 11 juin. Voici la sélection du jury pour les six catégories webtélé:
Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : dramatique, comédie
• BÊTES HUMAINES – Hala Alsalman, Sarah Olivia Mizrahi
• EN AUDITION AVEC SIMON III – Simon Olivier Fecteau, Guillaume Lespérance (a_média), Jérôme Hellio (Société Radio-Canada)
• LA REINE ROUGE – Olivier Sabino, Patrick Senécal, Martin Berardelli (Oliwood Films)
• LE PIXEL MORT – Kim St-Pierre, Marie-Claire Lalonde (Voyous Films)
• TEMPS MORT 3 – Marco Frascarelli, Éric Piccoli, Roberto Mei (Productions Babel), Pierre-Mathieu Fortin (Société Radio-Canada)
Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : humour, variétés
• BURQUETTE – Josée Vallée (Cirrus Communications), Julie Roy (Office national du film), Christiane Asselin (Turbulent Média)
• CAROLE AIDE SON PROCHAIN (SAISON 2) – Silvi Tourigny, Jean-François Renaud (Concertium)
• FISTON – Jonathan Roberge
• LE STAGE DE KASSANDRA – Dominic Leclerc, Isabelle Rivest
• MR. RAMESH – Jean-François Bouchard, Richard Jean-Baptiste (Lib tv)
Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : affaires publiques, documentaire, magazine, sport
• 12TRACKS.TV – Frédéric Bastien Forrest, Pierre-Étienne Bordeleau, François Del Fante, Bruno Mercure (Mouvement de la Relève Musicale)
• 180º SUR LE TAPIS ROSE DE CATHERINE – Catherine Beauchamp, Lucas Rupnik, Yves Gagné (Les productions Rose Nanan), Jean-François Lemire (Shoot Studio)
• FOLK TOI FOLK MOI (AVEC MELISSA MAYA) – Melissa Maya Falkenberg, Lucas Rupnik
• KWAD9 - Martin Ceré, Pierre-Paul Larivière, Marie-Josée Lachance (Sympatico.ca), Francois Veillette (Trinôme)
• PICK-UP : À LA RENCONTRE D’UN BOUT DU MONDE – Philippe-David Gagné, Jean-Marc E. Roy
Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : jeunesse
• JULIETTE EN DIRECT (SAISON 2) – Vicky Bounadère, Marie-Claude Blouin, Félix Tétreault (Les productions Passez Go), Hélène Archambault (Télé-Québec)
• PAPARADIS PROJET WEB - Frédérick Béland, Vincent Gourd (B612 Communications)
• ROXY ET MAX S’ANIMENT – Marie Masse (TFO)
Meilleure émission ou série originale interactive produite pour les nouveaux médias
• BLA BLA – Hugues Sweeney (Office national du film)
• HORS D’ONDES – Christiane Asselin, Marc Beaudet, Claire Buffet (Turbulent Média), Marie-Josée Lachance (Sympatico.ca)
• LE GUIDE DE VOTRE VIE – Michel Bissonnette, André Larin, Vincent Leduc, Brigitte Lemonde, Jacques Payette, Vincent Turgeon (Zone3)
Meilleure émission ou série documentaire originale interactive produite pour les nouveaux médias
• CODE BARRE – Hugues Sweeney (Office national du film), Joël Ronez, Rob McLaughlin, Marianne Levy-Leblond, David Carzon (ARTE France)
• LE BRUIT DES MOTS – Karine Dubois (Picbois Productions), Pierre-Mathieu Fortin, Jérôme Hellio (Société Radio-Canada), Philippe Archontakis (Departement)
• LES ENFANTS DE LA BOLDUC – Jacques Blain, Marie-Dominique Michaud (Lusio Films)
• RÉFUGIÉS OUBLIÉS : LES PALESTINIENS AU LIBAN – Danny Braün, Marie-Eve Rheault (Société Radio-Canada)
Le 27e Gala des prix Gémeaux, animé par Joël Legendre, sera diffusé le 16 septembre 2012 sur les ondes de Radio-Canada. Félicitations aux nommés!
Des genres oubliés en télé revivent sur le web
On trouve dans le paysage des webséries québécoises des genres qu’on ne voit pas, ou très rarement, dans les médias traditionnels. Les télédiffuseurs disposant d’une grille-horaire limitée à 24 heures d’«espace» quotidien, sont contraints de faire des choix de programmation en fonction des genres les plus rassembleurs afin de maximiser leurs cotes d’écoute. Ainsi, la télévision est organisée en fonction d’une logique de masse. L’espace étant illimité sur le web, les stratégies de programmation y sont différentes; un produit ne prenant pas la case horaire d’un autre, le contenu web est plutôt organisé selon une logique de niche.
Le web constitue la plateforme parfaite pour les genres jugés trop pointus pour la télé. Pensons par exemple à la dystopie post-apocalyptique Temps mort, à la websérie d’horreur La Reine Rouge ou encore à l’humour particulièrement salé de Contrat d’gars; voilà trois produits relevant de genres rarement présents dans les médias traditionnels québécois qui ont pourtant su trouver leur public sur le web.
Dans le même ordre d’idées, trois productions webtélé courantes méritent d’être découvertes : créées au cours de la dernière année, elles s’apparentent à des genres eux aussi peu fréquentés par les médias québécois: Fréquences (suspense psychologique de science-fiction), le Strobosketch (humour absurde) et Folk-toi, folk-moi (documentaire musical country).
Fréquences
Fréquences est un huis clos où cinq volontaires, enfermés dans une maison de campagne, subissent une expérience psychique. Le chef d’orchestre de l’opération, un professeur obnubilé par ses recherches, expose ses jeunes cobayes à des ondes de différentes fréquences et leur fait revivre de douloureux événements passés, le tout ayant des effets pour le moins troublants sur eux. Diffusée sur le portail web de Ztélé, la série est une production de Tungsten Visuel et a été financée via le volet expérimental du Fonds des médias du Canada.
Le contenu de Fréquences est décliné en trois axes; la plateforme d’un grand esthétisme conçue pour la série distingue les épisodes comme tels des séquences additionnelles tournées dans le sas où se déroule une partie de l’expérimentation ainsi que des capsules de dialogue intérieur des personnages. Ces deux dernières catégories de clips ne sont pas rendues disponibles dans l’ordre chronologique des épisodes mais plutôt dans un ordre choisi par les créateurs, ce qui ajoute des effets narratifs de flash-back et de flash-forward à la série.
La niche d’amateurs de science-fiction est-elle trop restreinte au Québec pour permettre à un projet de ce type de vivre sur les écrans traditionnels? Peut-être, mais vu la haute qualité de cette production, parions que Fréquences trouvera rapidement son public sur le web.
Le Strobosketch
Véritable ovni créatif, le Strobosketch prend la forme de capsules de moins de deux minutes rassemblant de très courts sketchs du type «une ligne, un punch». Le ton très absurde des blagues n’est pas sans rappeler l’univers décalé des Chick n’ Swell à leurs débuts ou encore celui de Bruno Blanchet dans ses chroniques à La fin du monde est à 7 heures.
La série de capsules est signée du mystérieux surnom «Snip Snip Wilson». Les créateurs, qui souhaitent garder l’anonymat, affirment ne pas avoir d’objectif concret pour leur série et encore moins de stratégie de mise en marché ou de plan d’affaires. Ils avaient simplement envie de mettre en image leurs idées décalées, alors ils ont créé le Strobosketch. Voilà une philosophie plutôt underground qu’on n’observe pratiquement jamais, pour des raisons évidentes, dans les médias traditionnels.
Strobosketch – Episode 3 from Snip Snip Wilson on Vimeo.
Folk-toi, folk-moi
Folk-toi, folk-moi est une production indépendante décrivant les multiples facettes de la culture et de la musique country. Ici, c’est le sujet au cœur de cette websérie documentaire qui est généralement boudé par les médias traditionnels; en effet, peu de place est réservée au country et à ses dérivés dans les stations de radio et à la télévision. Folk-toi, folk-moi trace un portrait bien documenté des origines du Rockabilly, du Honky Tonk et du Blue Grass, et présente des rencontres avec d’authentiques amateurs du genre qui font que le country est encore bien vivant aujourd’hui.
Melissa Maya Falkenberg et Lucas H. Rupnik, co-fondateurs du Studio Home Sweet Home, ont joué le tout pour le tout, aillant même jusqu’à hypothéquer leur maison, pour que leur projet puisse voir le jour. Une telle détermination est admirable; voilà des créateurs passionnés qui ont relevé haut la main le défi de la production indépendante d’une série web fort intéressante. On leur lève notre chapeau (de cowboy)!
Quand les annonceurs font de la webtélé
Au Québec, peu d’annonceurs ont jusqu’ici eu l’audace de s’associer avec un projet de webtélé. Pourtant, les webséries commanditées par des grandes marques ont la cote aux États-Unis et en Europe. Les success stories dans le domaine sont nombreux; on pense entre autre à Easy to Assemble, proposée par IKEA, ou à In the Motherhood, initiative commune d’Unilever et de Sprint. Ici sont présentées plus en détails trois associations webtélé + annonceur particulièrement réussies qui ont offert un rayonnement intéressant aux marques ayant osé se lancer.
Norman
Norman Thavaud, mieux connu sous le pseudonyme «Norman fait des vidéos» fait sensation sur le web francophone depuis le début 2011. Le jeune Français s’est fait connaître via des capsules humoristiques de quelques minutes postées sur YouTube. D’allure toutes simples, voir même novices à premier abord, les capsules de Norman sont portées par des textes au ton sarcastique et un montage rythmé.
En juin 2011, Orange, le géant français des télécoms, demande à Norman de créer une dizaine de courtes capsules sur le cinéma pour mousser la promotion Orange Cinéday. Ainsi naît la mini-websérie Norman fait son cinéma, rendue disponible en exclusivité sur le canal Dailymotion d’Orange. Au total ces capsules ont cumulé plus de trois millions de clics depuis leur mise en ligne. La collaboration entre les deux parties a été réitérée cette année; en 2012, Norman passe des auditions pour obtenir un rôle dans des grands succès cinématographiques tels Inception, The Artist et Intouchables.
Les barres chocolatées Crunch misent également sur Norman pour leur promo sur le web. En mars dernier, Norman embarque dans un tour du monde commandité où les fans sont appelés à voter pour la prochaine destination d’où Norman fera une vidéo de 7 à 8 minutes. Le résultat est assez sympathique.
Heels
Réalisée pour le compte de Longchamp, la websérie Heels propulse les auditeurs dans l’univers de la mode et des produits de luxe. À mi-chemin entre le long métrage The Devil Wears Prada et la télésérie Gossip Girl, Heels met en scène deux fashionistas aspirant au poste de rédactrice en chef d’un magazine de mode. D’un esthétisme recherché et tout en élégance, cette websérie ne montre jamais les visages des protagonistes; la caméra ne filme que des mains, des pieds et des silhouettes (ou plutôt des sacs à main, des chaussures et des tenues toutes plus branchées les unes que les autres). Sans qu’il n’y ait de logo qui soit mis en évidence, on devine rapidement que tout ce qui fait l’objet d’un gros plan est de marque Longchamp.
Pour le moment, Heels compte une seule saison de sept épisodes. La websérie a été lancée en primeur en France, en Angleterre et en Allemagne en novembre 2011, et sera promue en Chine, au Japon, en Corée du Sud et aux États-Unis au cours de 2012.
Leap Year
Leap Year met en scène cinq amis qui, suite à un licenciement commun, s’installent dans un espace de coworking et lancent chacun leur petite entreprise dans le but de gagner un concours pour jeunes entrepreneurs. Financée par la compagnie américaine d’assurance pour startups Hiscox, la websérie a été lancée en mai 2011 et en est déjà à sa deuxième saison. Leap Year a reçu un très bon accueil tant du public que de la critique; au moment de sa sortie, la websérie a obtenu une couverture positive sur des sites web d’influence tels que Forbes et Reuters. Il est intéressant de noter que le commanditaire, Hiscox, se fait très discret dans la série, son logo n’apparaissant qu’à l’ouverture de chaque épisode ainsi qu’à la toute fin du générique. Il en va de même sur le site web de la série; toute la place est laissée à l’intrigue, aux personnages ainsi qu’aux créateurs de la série.
Un homme, un vrai; conversation avec Jonathan Roberge
Parmi les succès populaires de la courte histoire de la webtélé québécoise, on compte incontestablement Contrat d’gars, et son spin-off Une vie de vrai gars. Jonathan Roberge et Alexandre Champagne, concepteurs, auteurs et interprètes des deux personnages principaux de la série ont marqué au fer rouge l’imaginaire de bien des jeunes hommes à grands coups de testostérone et de «mâlitude». Au total, la franchise Contrat d’gars a généré plus de 8 millions de clics depuis la mise en ligne de la première capsule, en 2009. Un an après la fin du «talk-show viril», Jonathan Roberge, en solo cette fois-ci, écrit et réalise la websérie Fiston, dans laquelle il joue un père léguant à son fils un testament vidéo lui offrant des conseils peu orthodoxes et parfois déroutants. Le jeune créateur atteint à nouveau la cible; en 2 mois seulement, les capsules de Fiston ont été vues plus de 1,8 millions de fois. En plus de ces succès webtélé, Jonathan Roberge est également le concepteur de la vidéo de flashmob valorisant le recyclage produite dans le cadre de l’émission Testé sur des humains, qui avait été en avril 2011 un succès viral mondial (plus de 2 millions de vues).
De tels chiffres d’audience ne sont pas communs pour les webséries d’ici. Il semble évident que Jonathan Roberge a compris comment créer des contenus qui ont une forte raisonnance auprès d’un public nombreux. Je l’ai convié à une discussion autours des thèmes de la création pour le web, du succès online et de ses retombées dans le monde offline. Conversation avec un homme, un vrai.
Gabrielle Madé: Ce que tu fais fonctionne, c’est indéniable. Tu sembles avoir trouvé une certaine «recette du succès» en webtélé; quelle est-elle? Qu’est-ce qui fait de la webtélé qui fonctionne bien en terme d’audience?
Jonathan Roberge: La webtélé, c’est pas de la télé, c’est pas du cinéma, c’est une forme qui a sa propre écriture, ses propres punchs. C’est une forme narrative en soi. En websérie d’humour, c’est pas compliqué; il faut que tu punches fort, vite et souvent. Qu’est-ce qu’on regarde en premier quand on ouvre une vidéo? La durée. Un clip trop long, ça décourage bein du monde. Une capsule, pour qu’elle marche, pour qu’elle soit virale, pour qu’elle soit vue, il faut qu’elle reste assez courte. Moi je préconise le 3 minutes ou moins. Au delà de 3 minutes, je m’assure que j’ai un punch très fort à mi-chemin, un gros éclat de rire, pour être sûr de garder les auditeurs intéressés.
Aussi, il y a certainement une réalisation et un montage particulier à une websérie d’humour. C’est difficile de trouver les mots exacts pour décrire la particularité du genre, mais encore ici, je dirais punché, rapide et droit au but. Des plans rapprochés, le plus souvent à caméra fixe, pour que ça ne prenne pas de temps à comprendre, le tout monté très serré. Regarde Contrat d’gars, regarde Fiston, regarde Bref; les gens cliquent, les gens partagent parce que c’est court, ça fait rire et on passe à autre chose au bout de 2 minutes. 
GM: Es-tu en train de dire qu’au delà de l’humour, point de salut en webtélé? Où vois-tu la dramatique, les magazines, les autres genres?
JR: Je pense qu’il y a certainement de la place pour d’autre chose que l’humour en webtélé, mais je ne suis pas du tout convaincu qu’une série dramatique ou qu’un magazine peut être viral, peut cumuler des millions de clics. Si on parle de succès populaire, tout se joue sur les médias sociaux. Le partage sur Facebook et sur Twitter est crucial; jusqu’ici, on n’a vu aucune websérie attirer des millions de clics sans l’effet viral des plateformes sociales. Pour les séries dramatiques ou autres, d’après moi il faut établir des critères différents que le nombre total de clics pour juger si c’est un succès ou non, comme la solidité de la communauté de fans bâtie autour d’un projet, par exemple.
GM: Qu’est-ce que ça change d’avoir du succès en webtélé? Comment le rayonnement d’une série comme Contrat d’gars ou comme Fiston se fait-il sentir?
JR: Un gros hit sur le web, ça te met sur la map. À partir de là, il y a pas mal plus de gens qui te reconnaissent, dans l’industrie comme dans la vie de tous les jours. Un succès populaire sur le web, ça te bâtit une base de fans qui te suit après, dans d’autres projets. J’ai aussi eu quelques offres comme scripteur en télé après Contrat d’gars. Par contre, ça ne te rend pas riche, ça c’est clair! Créer une websérie est un très bon moyen de commencer, un bon tremplin que je recommande à quiconque a un peu de talent et veut se faire connaître, mais il ne faut pas penser se mettre riche avec ça.
GM: Que penses-tu de l’industrie de la webtélé au Québec telle qu’elle est en train de se structurer?
JR: Il y a quelque chose d’assez injuste dans le fonctionnement du marché de la webtélé, tel qu’il est pour le moment: je pense que les créateurs ne reçoivent pas leur juste part quand leur contenu est monétisé par le diffuseur d’une quelconque façon, par la pub par exemple. Avec 8 millions de clics sur trois saisons de Contrat d’gars et deux saisons d’Une vie de vrai gars, j’ai fait 10 000$. J’ai beau avoir travaillé des heures de fou là-dessus, ce n’est pas ça qui m’a fait vivre dans les dernières années. Ça ne marchera pas à long terme de laisser les créateurs être mal payés comme c’est le cas en ce moment. Ça ne fera pas une industrie viable. Il faudrait repenser les structures financières et trouver un moyen de mieux distribuer les revenus associés à la diffusion de webtélé. Étant donné que la situation est comme telle pour le moment, comme artiste ou artisan on essaie de voir si ce qu’on a créé est exploitable dans d’autres sphères.
GM: C’est intéressant de voir qu’on peut penser à des projets web comme à des «marques» qui se déclinent sur de multiples plateformes, au sens large du terme, comme on le fait souvent pour d’autres types de projets culturels. Dans le cas de Contrat d’gars ou de Fiston, est-ce qu’on pourrait penser sortir des personnages de webtélé de l’écran d’ordinateur pour faire une série télé ou un film, par exemple?
JR: C’est intéressant ce que tu dis, parce que oui on pense comme ça; Fiston était à la base un projet de livre qu’on a plutôt décidé de décliner en capsules web. À l’inverse, ce qui est créé sur le web peut très bien vivre ailleurs. Par exemple, cet été, Alexandre Champagne et moi allons amener nos personnages de Contrat d’gars sur scène au Zoofest et je vais faire la même chose aussi avec mon personnage de Fiston. J’ai vraiment hâte de voir si le public va me suivre là-dedans.
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Cet été, des personnages webtélé prendront effectivement d’assaut les scènes du Zoofest du Festival Juste pour rire, pour notre plus grand plaisir. On pourra voir le père de Fiston en compagnie de Martin Félip et Jérémy Larouche dans le spectacle Les Papas, les 5-6-7-9 et 10 juillet. De leur côté, John et Alex de Contrat d’gars partageront la scène du Show XXX avec Kim Lizotte et Yannick De Martino les 18, 19, 20, 25, 26 et 27 juillet. Attention, ce dernier spectacle s’adresse à un public averti. Les billets seront mis en vente sous peu.
Billet écrit par: Gabrielle Madé
Prix NUMIX 2012 – Beaucoup de talent au pixel carré
Mercredi 16 mai, le tout numérique québécois était convié à la remise des Prix NUMIX 2012 au Monument National de Montréal. Cette troisième célébration de l’innovation multimédia était pilotée par Jean-Philippe Wautier et Olivier Niquet, membres du trio humoristique Le Sportnographe. Ouverture sur musique électronique, lutrin des animateurs en forme de foyer, présence d’un DJ sur scène qui rythme les remises de prix, voix robotisée nommée Sirix (clin d’oeil à l’assistante personnelle des très nombreux iPhones dans la salle, Siri) assistant les animateurs et animation graphique rappelant la thématique digitale de la célébration projetée à l’écran présentant les nominés et les gagnants; tout était en place pour une soirée sympathique et rythmée. Cerise sur le sundae, Wautier a même amené sur scène avec lui son chien Gaston, qui a tweeté à quelques reprises au cours de la soirée.

Les créateurs de Folk toi, folk moi
Quatre prix ont été remis dans la catégorie webtélé. Les oeuvres étaient jugées selon des critères d’originalité et d’innovation ainsi que selon la qualité générale du projet. Le premier trophée, remis pour production d’affaires publiques, magazine et documentaire, a été décerné à Mélissa Maya Falkenberg et Lucas H. Rupnik du studio Home Sweet Home pour le documentaire country Folk toi, folk moi. Émue et très fière, Mélissa Maya s’est exclamée «C’est comme la vengeance du country, je capote présentement!» Les gens présents dans la salle ont semblé particulièrement enthousiastes de voir ce projet indépendant triompher.

L’équipe de Juliette en direct
Du côté des productions jeunesse, c’est sans surprise que la charmante websérie Juliette en direct, produite par Passez Go et diffusée à Télé-Québec, a récolté les honneurs. Claire Dion, directrice du Fonds indépendant de production, a été chaleureusement remerciée d’encourager la webtélé au Québec.

Le duo derrière En audition avec Simon
En humour et variété, pas de grande surprise non plus; Simon-Olivier Fecteau et Guillaume L’Espérance, respectivement créateur et producteur d’En audition avec Simon, sont montés sur scène pour cueillir un prix récompensant la troisième et dernière saison des Auditions, qu’ils avaient également gagné l’an dernier pour la saison précédente.

Le producteur de Fabrique-moi un conte
La compétition était relevée pour le dernier prix, remis pour les fictions et dramatiques, et c’est finalement l’ambitieux projet interactif Fabrique-moi un conte créé par Jimmy Lee et diffusé par sur radio-canada.ca qui l’a emporté.
Il a été souligné à quelques reprises qu’une quantité énorme de créativité, d’imagination et de talent était réunie au pixel carré, mercredi le 16 mai, au Monument National. L’ambiance effervescente qui planait dans la salle laisse croire que malgré la qualité impressionnante des projets qui ont été mis en nomination cette année, le meilleur de la création et de l’innovation numérique québécoise reste encore à venir.
Billet rédigé par: Gabrielle Madé
Interroger l’interactivité en webtélé – Le cas d’Hors d’ondes
Le dernier épisode de la première saison d’Hors d’ondes – Confessions d’une téléréalité a été mis en ligne aujourd’hui. Ainsi est complétée, au terme de 10 épisodes, la diffusion de cette websérie qui se retrouve sans conteste parmi mes préférées de l’année.
Dans Hors d’ondes, on suit le quotidien d’une équipe de production d’une téléréalité nommée «L’Appart», au format comparable aux Big Brother et autres Loft Story qui prennent d’assaut nos écrans télé depuis plusieurs années déjà (trop longtemps, diront certains). Ainsi, la série produite par Turbulent met en scène Kim Rusk en productrice sans tabous ni morale, Anne-Élisabeth Bossé en assistante souffre-douleur de la productrice, Pierre-Luc Brillant en réalisateur blasé et Daniel Thomas en animateur à la fois narcissique et anxieux. Ces personnages sont tantôt légèrement névrosés, tantôt manipulateurs et presque toujours politiquement incorrects, mais le jeu juste des quatre comédiens parvient à nous les rendre attachants malgré tout.
L’écriture de Caroline Mailloux et de Marie-Andrée Labbé sous-entend une critique ouverte des dérapages éthiques et du gros bon sens, qu’on soupçonnait déjà des coulisses des émissions de téléréalité.On dit d’ailleurs s’être basé sur des expériences bien réelles pour bâtir le scénario. Aucune limite (ni celles du bon goût, ni celles de la morale) ne retient l’équipe de production; on saoule les candidats pour mettre un peu d’action dans L’Appart, on manipule le vote du public via un montage biaisé et on ferait tout pour obtenir des premières pages de magazines, peu importe le nombre de réputations qu’on devra sacrifier pour y arriver. Bref, la websérie humoristique porte un regard grinçant sur la télé et sur ce qu’on est prêt à y faire au nom de la lutte des cotes d’écoute, le tout présenté dans un enrobage visuel réussi.
L’interactivité remise en question
Au début de chaque épisode d’Hors d’ondes, on offre la possibilité d’écouter en mode linéaire (c’est-à-dire sans interruption) ou en mode interactif. C’est d’ailleurs grâce à cette composante interactive que la série a été jugée admissible au soutient financier du volet expérimental du Fonds des médias du Canada. Ainsi, on nous propose d’accomplir des tâches simples, comme siffler dans le micro de son ordinateur ou secouer la tête devant sa webcam, pour avoir accès à des séquences bonus. Ces «extras» ne font cependant pas avancer l’histoire; il s’agit simplement de capsules de quelques secondes, souvent absurdes, sans lien réel avec l’épisode en cours.
Ce volet interactif paraît pour le moins interrogeable. Sans enlever à la qualité narrative de la série, cette interaction avec le spectateur ne lui apporte rien non plus. En moyenne, 35% des gens qui visionnent un épisode d’Hors d’ondes le font en mode interactif. J’ai interrogé à ce sujet Marc Beaudet, président de Turbulent et producteur de la websérie, qui admet d’emblée que le niveau d’interactivité reste plutôt simple et très «grand public».
Marc Beaudet explique que la plupart des gens sont «paresseux» dans leur écoute. Selon lui, le public préfère une consommation en lean back comme en télévision lorsqu’on écoute une websérie plutôt qu’une consommation en lean forward, ce à quoi nous prédisposent habituellement les plateformes numériques. Le producteur souligne qu’en général des gens ne sont pas intéressés à suivre une websérie où on les sollicite constamment. Selon lui, en cours de création, il faut garder en tête que bien que la webtélé soit un genre en soi, on reste beaucoup plus proche de l’univers de la télé que de celui du jeu vidéo. Dans la majorité des cas, le public ne chercherait pas à «jouer» lorsqu’il écoute une websérie, mais bien à être diverti, à relaxer, à se changer les idées.
Cette attitude relativement conservatrice des consommateurs de webtélé telle que décrite par Marc Beaudet est peut-être en partie attribuable au fait que ce qui a été qualifié jusqu’ici de webséries interactives, depuis la naissance du genre, peut s’être avéré décevant pour le public. À mon avis, les webséries de ce type qui ont été diffusées jusqu’à maintenant n’explorent qu’une fraction de ce qui pourrait être fait en création audiovisuelle numérique. En l’occurrence, le cas d’Hors d’ondes en est un bon exemple. L’intégration d’un volet interactif à cette fiction déjà fort réussie est allignée avec les tendances créatives du moment sur le web, mais le résultat final laisse un peu dubitatif.
Dans ce cas précis, peut-être doit on interroger les critères peu flexibles du Fonds des médias du Canada qui exige un pan interactif pour que les projets de webséries soient admissibles à son volet expérimental. Dans une perspective plus large, peut-être devrait-on carrément remettre en question la pertinence de l’interactivité en webtélé; est-ce que c’est parce qu’on peut le faire qu’on doit le faire? Le mode interactif nécessite-t-il une approche, une écriture et une mise en marché différentes de la websérie linéaire? Lorsque bien intégrée à la trame narrative, l’interactivité ouvre-t-elle la porte à une proximité avec le public, à un engagement des fans que le mode linéaire ne permet pas? De telles réflexions semblent pertinentes pour les créateurs, producteurs, diffuseurs et bailleurs de fonds qui gravitent dans l’univers toujours émergent de la webtélé.
Billet rédigé par: Gabrielle Madé
Dépôt au FIP – Sprint final pour les créateurs de webséries
Bon nombre de producteurs de webséries québécoises ont très peu dormi la fin-de-semaine dernière et pour cause; ceux dont le projet a été sélectionné par le Fonds indépendant de production (FIP) à la 1ere ronde des dépôts 2012 ont jusqu’à demain, le mardi 1er mai, à 17h, pour soumettre leurs propositions de production pour la 2e et dernière ronde. Préparer un tel dossier représente une grande charge de travail pour les producteurs, mais le jeu en vaut certainement la chandelle pour ceux qui se verront attribuer l’aide financière nécessaire à la production de leur série.
Le FIP est une source importante de financement privé consacrée aux webséries de fiction linéaires canadiennes. Ce fonds d’investissement spécialement dédié à la création audiovisuelle pour les plateformes numériques a été mis en place en 2010 à titre de projet expérimental et vient d’être reconduit jusqu’en 2014, ce qui est une très bonne nouvelle pour l’industrie de la webtélé au Québec.

En 2011, 6 projets avaient été choisis par le FIP: 11 règles (saison 2), Le chum de ma mère est un extra-terrestre (dont la diffusion n’a pas encore débuté), Dakodak (saison 2), Juliette en direct (saison 2), Manigances et Pilote(s). Il est intéressant de souligner que Manigances, disponible ici sur Kebweb.tv, a été le premier projet financé par le FIP à n’avoir pas été diffusé sur le site d’un télédiffuseur.Cette année, Manigances (Saison 2) et 1000 jours, le nouveau projet de Productions Babel (ceux qui nous ont offert les trois saisons de Temps mort), sont parmi les 11 projets francophones toujours dans la course. J’ai échangé sur le sujet avec Isabel Dréan, productrice de Manigances et Marco Frascarelli, producteur chez Babel. Voici ce qu’ils avaient à raconter sur le processus de dépôt, entre deux blitz de préparation de leurs dossiers:
Gabrielle: Comment prépare-t-on un dépôt? Comment ça se passe à quelques jours de la date limite?
Marco F.: Peu importe le dépôt (FIP, SODEC, Téléfilm, etc.) et peu importe la somme demandée, la proposition de production soit être complète et doit se faire le plus professionnellement possible. Chaque élément de la série, du développement à la diffusion en passant par le financement, doit être réfléchit et présenté clairement afin de montrer aux investisseurs que nous sommes conscient des défis du projet. Les dernières journées sont toujours les plus dures, car on se pose beaucoup de questions sur le projet et il y a souvent des modifications de dernière minute en lien avec des nouvelles idées.
Isabel D.: Quand tu fais ton dépôt, il faut que ton dossier soit complet au point où tu pourrais, si tu avais le financement le lendemain matin, commencer ta pré-production directement tellement tu étais prêt. Il faut que tu saches déjà tout sur ta websérie au moment de la soumettre. La dernière semaine de préparation du dossier est très intense. Les derniers jours c’est vraiment le rush; on fait rien d’autre! Il faut vraiment essayer d’être le plus créatifs et innovants possibles dans notre approche. Les propositions sont dues pour demain, 17h, et il ne serait pas étonnant qu’on remette notre dossier à 16h58!
G: Combien de temps estimez-vous avoir consacré à votre proposition? Sur quoi avez-vous dû travailler le plus?
I. D.: Monter le budget et la structure financière est certainement la partie la plus difficile. Il faut garder en tête que le FIP est un fonds privé et qu’il n’offre pas une subvention, mais bien un investissement; il faut être en mesure de démontrer de quelle manière on va s’y prendre pour permettre au FIP de récupérer l’argent investi. On a commencé à travailler sur notre dossier un mois avant la date limite et la dernière semaine a été très intense; on a été à temps plein là-dedans. Mais c’est la deuxième fois qu’on fait le processus complet du FIP; c’est beaucoup plus facile cette année. La première fois que tu prépares ce type de dépôt, c’est vraiment plus exigeant.
M. F.: Nous avons travaillé fort sur la distribution et le marketing. Avec Temps mort, nous avons appris que ces deux pans de la stratégie globale sont cruciaux pour qu’un projet web vive bien et trouve son public. Nous avons principalement travaillé sur notre dossier au cours des trois dernières semaines. Nous n’avons pas vraiment comptabilisé nos heures de travail, mais on doit certainement dépasser le cap des 250 heures depuis le début du processus des soumissions pour le FIP cette année.
Bref, monter un dossier pour obtenir du financement pour une websérie n’est pas une mince tâche. Les choix du FIP seront annoncés à la mi-juin. Peu importe les résultats de la course, j’offre toutes mes félicitations aux créateurs qui auront réussi à mener à bien cet objectif et à déposer leur proposition de production d’ici demain.
Billet rédigé par: Gabrielle M.
Nominations Prix NUMIX 2012
Les nominations pour les Prix NUMIX 2012 ont été dévoilées ce matin. Organisée par le Regroupement des producteurs multimédia depuis 2010 et présentée par le Fonds des médias du Canada, la soirée des Prix Numix récompense les meilleures réalisations numériques québécoises.
Parmi les 20 prix qui seront remis cette année, 4 récompensent la webtélé. Voici nommés pour l’édition 2012 dans cette catégorie. Mes coups de coeur sont précédés d’un astérisque; et vous, quels sont vos projets préférés?
WEBTÉLÉ – Fiction et dramatique
Manigances (producteur: Kebweb.tv, diffuseur: Kebweb.tv)
Bêtes humaines (prod: TV5 Québec Canada, diff: Tv5 Québec Canada)
Fabrique-moi un conte (prod: Jimmy Lee, diff: Radio-Canada.ca)
WEBTÉLÉ – Humour et variété
En audition avec Simon III (prod: a_média, diff: Radio-Canada)
Le Rodrishow (prod: TV5 Québec Canada, diff: TV5 Québec Canada)
Pare-chocs à pare-chocs (prod: TVA productions inc., diff: TVA)
WEBTÉLÉ – Affaires publiques, magazine et documentaire
Folk toi folk moi avec Melissa Maya (Studio Home Sweet Home)
Pick-up: à la rencontre d’un bout du monde (prod: TV5 Québec Canada, diff: TV5 Québec Canada)
* 180 degrés sur le tapis rose de Catherine (pro: Rose Nana Shoot Studio)
WEBTÉLÉ – Jeunesse
* Juliette en direct (prod: Passez Go, diff: Télé-Québec)
Paparadis – Projet web (prod: B-612 communication, diff: Vrak.tv)
La remise des Prix NUMIX se tiendra le 16 mai 2012 au Monument National à Montréal. La liste complète des nominations est ici.
Billet rédigé par: Gabrielle M.
Nouvelle collaboratrice au blogue WEBTÉLÉ!
Bonjour à tous, membres de la communauté Kebweb.tv, amateurs de webtélé, curieux des internets,
C’est avec grand plaisir que je me joins à la rédaction du blogue webtélé de Kebweb. Catherine, qui tenait seule le blogue jusqu’ici, a fait un très bon boulot pour vous tenir au courant de l’actualité webtélé et c’est un honneur pour moi de me joindre à elle.
D’entrée de jeu, j’affiche mes couleurs: je suis une grande fan de webtélé. Des capsules courtes et punchées aux plus longs épisodes dramatiques en passant par les magazines et les webséries documentaires, je regarde tout ce qui me tombe sous la main (ou sous la souris, c’est selon…). Je suis passionnée de webtélé au point d’y consacrer ma thèse de maîtrise; j’observe donc cette forme de création d’un point de vue de fan, mais également d’un point de vue d’analyste. Pour plus d’info sur moi, vous pouvez consulter une courte bio, sous l’onglet «Nos collaboratrices».
Ce blogue se veut une référence québécoise en matière de webtélé, autant pour les amateurs du genre que pour les créateurs de webséries. Je vous tiendrai au courant des lancements de séries d’ici, des annonces importantes dans l’industrie, des nommés et des gagnants dans les festivals et les remises de prix et vous proposerai de temps en temps des webséries coups de cœur provenant d’ailleurs.
Vos commentaires et vos suggestions sont évidemment les bienvenus ici, sur Facebook ou sur Twitter.
Billet rédigé par: Gabrielle M.
Bonne fête Kebweb!
Kebweb.tv souffle aujourd’hui sa première chandelle.
Pourtant, quand je pense à ma première rencontre avec Isabel Dréan et Simon Côté, les fondateurs de Kebweb, j’ai l’impression que ça fait vraiment longtemps. Il faut dire qu’avec tout ce qu’ils ont accompli, avec toutes les séries diffusées, les prix remportés, les contacts qu’ils ont créé, on a en tête que la plateforme indépendante que nous connaissons maintenant si bien existe depuis belle lurette. Mais non. Voilà tout juste un an qu’on nous y présente des « making of », des documentaires pertinents, des blogues d’actualité, des webséries drôles, musicales, intenses, étranges, mais surtout, de la webtélé indépendante. Depuis un an, un grand nombre de producteurs, de réalisateurs, d’acteurs, de techniciens, de musiciens, bref d’artisans d’ici ont pu trouver un « refuge », un réseau où partager leurs œuvres. Et tout ça, c’est aussi grâce à vous, doux public, friand de bonne webtélé. C’est le public, en quelque sorte, qui donne vie aux séries, qui les aiment, qui les commentent, qui les partagent. Sans le public, rien n’est possible.
C’est pourquoi pour le premier anniversaire de Kebweb.tv, j’ai envie de vous rappeler toutes les manières possibles d’encourager la webtélé indépendante. Facile, me direz-vous. Pas tant que ça, vous rétorquerai-je. Quand on parle de webtélé indépendante, on parle aussi de : pas tellement de budget. Ce qui implique tout de suite qu’on peut oublier les panneaux aux coins des rues et les publicités à heure de grande écoute à la télé. Les moyens les plus efficaces de faire connaitre une série-web indépendante sont donc le bouche à oreille et les réseaux sociaux. Voici quelques petits trucs rapides qui pourront vous aider à aider vos émissions préférées, en toute simplicité.
Sur Facebook :
- Cliquez « j’aime » sur les liens ou les vidéos de la série. Saviez-vous que les liens/vidéos/statuts qui restent le plus longtemps dans le fil d’actualité de Facebook sont ceux qui sont les plus « likés » et commentés? Plus il y a d’activités autour d’un lien, plus longtemps celui-ci sera vu.
- Commentez. En plus de la raison précédente, les créateurs d’une série sont toujours contents d’avoir vos impressions.
- Partagez les liens et incitez les gens à le faire. C’est tellement simple. Cliquez « partager », inscrivez votre commentaire et le tour est joué. Plus il y a de liens en circulation, plus il y aura de cliques. C’est logique.
- Devenez fan des pages Facebook de vos séries fétiches. Vous en rehausserez la côte de popularité, et vous serez au courant de toutes les nouvelles relatives aux dites séries.
- Partagez les pages. Vos amis découvriront peut-être une série que vous aimez, aidant ainsi à en élargir le nombre de fans!
Sur Kebweb ou autres sites de webtélé indépendante
- Cliquez « j’aime » sur les vidéos directement sur le site. Ça l’inscrira aussi sur Facebook, ce qui vous fait deux pierres d’un coup.
- Commentez les vidéos sur le site (si c’est possible). Sur le nouveau Kebweb ça l’est. Lorsque vous le faite, le commentaire est affiché sur votre profile Facebook, donnant la chance à vos amis de voir et de participer directement au fil de conversation sur le site.
- Twittez. Évidemment, il faut que vous partagiez les liens avec vos amis de la Twittosphère! Qui sait, ça pourrait se rendre à la portée d’un journaliste curieux, ou aux oreilles d’un animateur radio qui aurait envie d’en parler à son émission du matin? Vous avez un problème avec vos 140 caractères? Le site http://bitly.com/ est là pour réduire vos liens.
- Achetez les produits dérivés. Allez les fans, informez-vous de ce que vous pouvez vous procurer : T-shirt, tasses, stickers, DVD, etc. Vous aurez fière allure, et vous aiderez financièrement une série ou un site. (Pssst : dès le mois d’octobre, Kebweb aura une boutique et vous pourrez acheter leurs t-shirts!)
- Faites des dons. Si le site l’offre, pourquoi pas? Si le cœur vous en dit et que vous vous sentez généreux, il n’y a personne en webtélé indépendante qui refusera!
Vous voyez, ce n’est pas compliqué, mais ça demande de la rigueur. Ce sont ces petits gestes quotidiens qui comptent beaucoup pour des personnes qui ont donné cœur, âme et souvent, portefeuille pour arriver à vous présenter ce que vous voyez maintenant sur Kebweb.tv. Soyez curieux, le web québécois est plein de petits bijoux qui ne demandent qu’à être découverts. Participez aux concours. Si vous tomber amoureux d’une websérie, parlez-en à au moins un ami. Vous ne savez pas à quel point ça fera chaud au cœur de l’artisan qui verra UN clique de plus sur sa vidéo. La webtélé, plus particulièrement l’indépendante, est soutenue par les fans. Plus une série est vue et partagée, plus elle a de chance d’obtenir une subvention dans le futur. Dites-vous que par ces petits gestes quotidiens, vous participez à l’économie québécoise en développement. Et ce, en direct de votre salon. C’est pas beau, ça?
Pour terminer, je veux souhaiter encore une fois un joyeux anniversaire à Kebweb.tv. Merci aux créateurs et fondateurs de nous avoir permis de nous réunir, de nous sentir plus forts, en communauté. Merci de m’avoir donné la chance de tenir ce blogue. Merci aux créateurs de webtélé qui nous font vivre des émotions intenses en cinq à dix minutes, qui créent des univers que nous ne verrons nulle part ailleurs, qui nous font découvrir de jeunes talents insoupçonnés. Et merci au public, aux « geeks », aux enfants, aux ados toujours branchés et à leurs parents parfois dépassés, aux fans finis, aux lecteurs de blogues, aux gens comme vous et moi, toujours fidèles, au rendez-vous.
La webtélé indépendante et Kebweb.tv ne pourrait rien célébrer sans vous.
C
Quand nos voisins s’y mettent
Ça fait assez longtemps que les Américains ont compris l’importance et l’ampleur des vidéos virales sur internet. On peut prendre pour exemple les gars de Jackass, que tout le monde connait pour leurs exploits particulièrement saugrenus et/ou dégoutants. On peut maintenant les voir sur nos grands écrans. Et c’est un exemple parmi tant d’autres de phénomènes qui se sont développés sur le web. Mais qu’en est-il des personnalités déjà connues, les « stars »?
À la fin de 2006, le portail Funny or Die fût créé par nul autre que Will Ferell et Adam McKay (réalisateur de Talladega Night et Anchorman). Funny or Die est le site idéal pour perdre son temps de travail au profit du bidonnage. Question « moyen de procrastination par excellence », on a rarement vu mieux. Le site rassemble un nombre incroyable de vidéos drôles d’enfants, de chats, de gens qui tombent (et j’en passe) pour lesquelles le public peut voter. Mais ce qui est le plus génial de Funny Or Die, c’est le contenu original créé par le FOD Team ; des imitations, de fausses entrevues, des parodies… et souvent avec la participation de vedettes américaines. On peut y voir Will Ferell, évidemment, mais d’autres personnalités très connues qui se sont mises de la partie comme Zach Galifianakis, Natalie Portman, Lindsay Lohan, James Franco, Charlie Sheen, etc. Je suis presque certaine que vous avez tous vu le sketch « The Landlord », la premier à avoir été en ligne sur le site, qui a été visionné plus de 70 millions de fois. Oui oui, vous savez, le bébé alcoolique qui sacre et qui vient menacer Will Ferell afin de ravoir son argent? Ha bon, vous voyez maintenant. Saviez-vous que ce bébé est la petite fille d’Adam McKay en personne? Même les bébés de stars font de la webtélé!
Lisa Kudrow, que nous connaissons notamment grâce à son rôle de Phoebe Buffay dans Friends, est l’auteure, conceptrice et productrice exécutive d’une série web qui a eu un grand succès de 2008 à 2010, Web Therapy. L’excellente Lisa Kudrow y interprète une psychologue cinglée et désagréable à souhait qui se targue d’avoir inventé la « web therapy », un concept de thérapie en ligne! Le concept est très simple ; deux personnages communiquant par leur webcam. Il n’y a pas soixante-dix décors, pas d’explosions couteuses et les dialogues sont improvisés, mais c’est efficace. Ce n’est pas drôle à se lancer sur les murs, mais les situations de malaise sont irrésistibles, et puisque c’est de l’improvisation (ce qui, je trouve, est un tour de force), le naturel des répliques nous font presque croire qu’on assiste vraiment à une espèce de thérapie louche. Et encore une fois, plusieurs stars se sont jointes à la série : Selma Blair, Jane Lynch, Courteney Cox et même la merveilleuse Meryl Streep! Web Therapy sera aussi en onde sur Showtime dès le 19 juillet.

Plus récemment, en mars 2011, une nouvelle série dramatique a fait son apparition sur le portail américain Hulu, The Confession. Mettant en vedette Kiefer Sutherland et John Hurt, The Confession est l’histoire d’un tueur à gages (Sutherland) qui raconte à un prêtre (Hurt) ses meurtres. Rien de moins. La série n’est pas encore disponible au Canada, mais elle devrait l’être d’ici la fin juin sur CTV.ca. La série a remportée un énorme succès aux États-Unis malgré ses courts épisodes (5-6 minutes) et le défi d’y construire une intrigue digne d’une vraie série d’action en si peu de temps. On parle même d’en faire un film.
Bref, voici quelques exemples d’un mouvement web bien amorcé par les stars d’Hollywood. Loin de moi l’idée d’affirmer que les « vedettes » sont nécessaires au succès d’une webtélé, que ce soit ici ou ailleurs, mais plutôt de démontrer un attrait, une reconnaissance du médium. Ce que je trouve merveilleux, c’est que la plupart de ces artisans sont payés une fortune pour faire un film ou une série télé, mais qu’ils font maintenant de la webtélé pour probablement pas cher. Certains en sont même les instigateurs.
Au Québec, avec En audition avec Simon, plusieurs vedettes (Michel Côté, Marc-André Grondin, Jay Baruchel) ont osées jouer le jeu. Même chose pour Catherine Trudeau, Julie Perreault, Maxim Gaudette et compagnie dans Fabrique-moi un conte. Nous avons aussi pu voir Jacques L’Heureux et Roc Lafortune dans Les Roux. Les artistes québécois prennent de plus en plus le monde du web au sérieux, et comprennent qu’il y a là un moyen d’expression important à ne pas négliger.
Qu’est-ce qui nourrit le phénomène? Qu’est-ce qui fait qu’un artiste fait de la webtélé? Le désir de se bâtir ou de se rebâtir une carrière? La peur de ne pas être dans le coup? L’envie de changer d’image? Ou serait-ce tout simplement pour jouer ce qui leur plaît, sans censure, pour le plaisir? Pour se rapprocher du public? Pour le bonheur de travailler avec une équipe qui leur est chère? De faire du travail de qualité qui peut être vu partout dans le monde, sans avoir nécessairement la pression d’un long métrage qui coûte et rapporte des millions? Peu importe, je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise réponse.
L’important c’est que la webtélé prend de l’ampleur, qu’elle est reconnue et appréciée de tous, de plus en plus.
C
Quand webtélé et musique s’accordent
Hé voilà, elle est arrivée cette chaleur qu’on attendait tous. Je dis « chaleur » parce que pour l’été, on repassera, on a déjà vu mieux. On a beaucoup trop hâte de s’assoir à une terrasse au soleil, bière à la main pour écouter un band qu’on aime, de partir en voyage sur la route les fenêtres de la voiture baissées et le volume dans le tapis ou encore de prendre un café sur le balcon avec notre playlist favorite dans les oreilles. Été et bonne musique vont de pair, c’est connu. Pour patienter en attendant que ces options alléchantes puissent êtres concrétisées, je vous suggère trois séries web à saveurs estivales et musicales.
Premièrement, une série diffusée sur Kebweb.tv, Rock ton. Cette websérie de 8 courts épisodes présentée par Rogers (la compagnie de téléphone) et la Scène 1425 (www.scene1425.com) met huit artistes et groupes de musique en vedette. À chaque épisode, réalisé sous forme de vidéoclip, l’artiste ou groupe invité est appelé à jouer dans un lieu inusité qui leur est imposé. C’est comme ça que les gars de Malajube se sont retrouvés à jouer Le Blizzard dans un casse-croûte un peu louche devant un public de pré-ados étonnés. Dans un autre épisode on peut voir Karim Ouellet (une surprenante découverte pour ma part) tout en musique dans le hall du Capitole à Québec. C’est aussi très drôle de voir Phantogram, un band originaire de Saratoga Springs dans l’état de New-York, interpréter une de leur chanson devant les employés de la STL (Société des transports de Laval) dans un garage tout ce qu’il y a de moins glamour. C’est une série sans flafla, sans longue entrevue, seulement de la bonne musique et de belles images. On y rencontre des artistes de la relève, et on y voit certains de nos bands chouchous dans des lieux où on ne les aurait jamais imaginés. Très amusant! http://www.kebweb.tv/rockton
Voici une deuxième série, qui nous transporte partout dans le Canada. 12tracks.tv c’est quatre gars, Fred, PE, Brown et Frank qui ont pour défi d’enregistrer en trois mois un album de 12 chansons, interprétées par 12 artistes émergents à travers tout le pays. Nous vivrons donc avec eux tout au long de l’été un roadtrip musical ; En plus de pouvoir écouter et voir le résultat final de l’enregistrement de la chanson de chaque endroit différent, nous pourrons suivre les gars dans la caravane lors de leur périple de « vie sur la route » par le biais de web épisodes, de courts textes et de photos. Je trouve le concept génial! La direction photo est géniale et les quatre garçons, qui sont super divertissants, nous font découvrir des artistes aussi bien que des paysages magnifiques. Les deux premiers épisodes sont maintenant en ligne au http://www.12tracks.tv/ . Une série à suivre.
Dernière web série et non la moindre, depuis ce matin diffusée sur Kebweb.tv, La tournée des cafés. C’est une série parfaite pour ceux qui, comme moi, trippent sur les petits cafés eco-friendly et socialement responsables de Montréal (comme la Boîte gourmande, le Robin des bois ou le FUSCHIA) et sur la bonne musique. Comment ne pas aimer l’idée? On suit au cours de ces 10 capsules la talentueuse chanteuse Geneviève Toupin, qui enregistre ses chansons avec divers artistes tout aussi talentueux comme Alex Nevsky, Antoine Gratton et Andrea Lindsay, pour ne nommer que ceux-là. J’adore! C’est merveilleusement beau, avec un style un peu vieillot, c’est trendy car on y explore différents cafés de Montréal et leurs particularités, la musique est douce, les interprétations sont acoustiques, bref, c’est vraiment une « comfort web-série ». Ben oui, c’est à la webtélé ce que le pâté chinois est au comfort food. Allez voir ça dès maintenant, sur http://www.kebweb.tv/tourneedescafes !
Voilà de quoi vous sustentez jusqu’aux terrasses, aux promenades au parc Lafontaine et aux cornets de crème glacée de chez Bo-Bec! Bon visionnement. ![]()
C
Sexe aux États-Unis
On l’entend souvent : le sexe vend. Le sexe intrigue, fascine. Le sexe dérange, amuse, fait jaser autour d’une bière, entre amis, entre collègues, unit des gens, brise des couples, bref, fait partie intégrante de nos vies.
C’est pour cela que le sexe vend. On le vend en chair et en os, dans les livres, sur DVD, sur des chaînes de télé payantes, et de plus en plus, sur internet. On vend, grâce au sexe, des vêtements, des bijoux, des automobiles, des revues. Le sexe est partout.
Mais qu’en est-il de la réalité? Que se passe-t-il dans la chambre à coucher des autres? Dans les chaumières des gens? Sommes-nous si bien informés sur le sexe? L’êtes-vous?
Marie-France Laval, qui est réalisatrice, scénariste et recherchiste de la série documentaire web Sexe aux États-Unis tente de répondre à certaines de ces questions. Marie-France, qui n’est réalisatrice de formation que depuis environ trois ans (étant à la base une spécialiste en ventes et marketing international dans le domaine du logiciel et des télécoms), est partie faire le tour du pays de l’oncle Sam à l’automne dernier afin de peindre un portrait de la sexualité des américains d’aujourd’hui. On diffuse donc, sur le site de TV5, 11 capsules ayant toute comme sujet de base la sexualité : Lillith Grey femme libérée, Overdose sexuelle, Bootblacking, L’abstinence, vraiment!, Corps en couleurs, Sexe à New-York, Épicer sa libido, Des victimes idéales, Quand la religion mène le sexe, Êtes-vous « sexe-positif »? et L’effet porno.
J’ai A-D-O-R-É ces capsules documentaires. On y traite de sujets amusants comme les pratiques sexuelles courantes et moins courantes qui existent mais aussi de sujets portant à réflexions comme l’homophobie poussée à l’extrême dans certaines régions des États-Unis ou la dépendance au sexe. Tout dépendant du sujet, on sourit, on frissonne, on s’insurge, on se compare…on ne reste surtout pas indifférent! On sent que Marie-France porte un regard objectif sur tous les sujets qu’elle aborde, aussi farfelus ou extravagants qu’ils soient. C’est fait avec respect. J’ai interrogé Marie-France pour en savoir un peu plus sur Sexe aux États-Unis.
Premièrement, comment est né Sexe aux États-Unis?
Le projet Sexe aux États-Unis est né au cours d’une réunion entre les producteurs d’Eureka Productions, France Choquette et Jean Roy avec le directeur des nouveaux Médias de TV5, Benoit Beaudoin. Ce projet fait partie d’un projet d’envergure, Le sexe autour du monde. Sexe aux États-Unis est un épisode exclusif à TV5.ca, une première pour la chaîne. Il complète une série documentaire télévision de 8 épisodes dans 8 pays différents diffusés sur TV5 entre le 4 janvier et le 22 février 2011. Le projet comprend également un site Internet « www.sexeautourdumonde.com » et une application iPhone. Le projet est un succès sur toutes les plateformes. Le microsite Sexe aux États-Unis a enregistré plus de 50,000 visionnements depuis le 22 février dernier.
France Choquette et Jean Roy ainsi que Benoit Beaudoin m’ont fait vraiment confiance en me permettant de réaliser ce projet!
Avais-tu un but précis en faisant ces capsules? Était-ce une envie plus personnelle ou avais-tu envie d’ouvrir les yeux des gens sur certaines choses?
En réalisant le projet, j’avais plusieurs objectifs. Le premier était d’apporter un regard sur la sexualité des américains d’un point de vue sociologique et anthropologique dans la lignée de la série télévisée Sexe autour du Monde. Ensuite, je souhaitais aborder ces sujets différemment : amusants, informatifs, touchants et aborder la diversité de la sexualité aux États-Unis. Aussi, en étant sur internet, je souhaitais que les internautes regardent les capsules du début jusqu’à la fin. Il fallait donc qu’elles soient courtes, rythmées et surtout avec du contenu et une histoire. Nos efforts communs ont donné le résultat qui est présenté sur sexeauxetats-unis.tv5.ca. Benoit Beaudoin, de TV5, a contribué également au niveau du contenu et de la promotion.
Qu’as-tu appris en général, sur le sexe aux États-Unis? Nos voisins nous ressemblent-ils, ou les choses sont encore bien différentes sur bien des points?
C’est fascinant de se rendre compte comment la culture et la religion peuvent influencer la sexualité de tout un pays et que même si ce sont nos voisins, les rapports à la sexualité des américains sont vraiment différents des nôtres au Canada.
Y’a-t-il des choses qui t’ont vraiment choquées mais que tu n’as pas voulu montrer dans la série?
Aux États-Unis, nous avons vraiment abordé les choses librement dans les vidéos. Mais j’ai été particulièrement choquée par le fait que des personnes ayant une sexualité marginale peuvent être non seulement écartées par la société mais également condamnées par la justice elle-même. C’est totalement incompréhensible pour moi alors que les États-Unis donnent une image démocratique dans le monde entier. On peut voir cet aspect dans le documentaire « Des victimes innocentes ». Aussi, j’ai trouvé difficile à croire que des personnes peuvent être autant la cible d’intimidations majeures parce qu’elles vivent une sexualité différente : fétichisme, homosexualité.
Quelle est la réaction des auditeurs? Le sexe est-il un sujet tabou encore pour plusieurs personnes, ou les réactions sont-elles majoritairement positives?
La majorité des réactions des internautes a été très positive. Ils ont répondu aux questions posées, parfois vigoureusement, notamment sur les sujets de la religion, de la dépendance sexuelle et de la liberté sexuelle avec le sujet de Lillith. Les internautes ont donc contribué à l’expérience en interagissant sur le web. TV5 a reçu près de 1000 commentaires!
As-tu des projets de suite pour ce documentaire? Des capsules sur le sexe d’ici ou d’ailleurs?
Il y a une saison 2 en préparation mais je ne peux pas en dévoiler davantage pour le moment… À suivre!
Après tout ce dont tu as été témoin, es-tu sexe-positive?
Je suis plus sexe-positive que jamais! Cette expérience m’a permis de rencontrer des personnes formidables. Certaines vivent une sexualité différente de la majeure partie de la population mais celles-ci ont plusieurs points communs : elles ont eu le courage de s’exprimer et défendent leur sexualité de façon admirable pour briser les tabous de l’intolérance, qui tirent souvent leurs origines d’un manque d’ouverture et de connaissances.
Si vous voulez découvrir cette merveilleuse série de documentaires, c’est ici :
http://www.sexeauxetats-unis.tv5.ca/
Je vous la suggère fortement. Pour les gens moindrement curieux et ouverts d’esprit, c’est un délice.
Et avouons-le, on a tous un petit côté voyeur qui aime regarder à la fenêtre du voisin!
C
DEEP
Si les jambes de l’être humain s’étaient développées de manière à ce qu’elles plient en sens inverse, marcherions-nous toujours de reculons? Les licornes existent puisqu’on peut en parler et se faire comprendre. Le mot soleil est-il jaune?
Non, je ne suis pas nouvellement philosophe. Ces réflexions proviennent du compte Twitter de l’équipe de DEEP, la nouvelle série web de Kebweb.tv en ligne depuis le 18 avril. DEEP est une série…hmm…vous devez voir le premier épisode pour comprendre. On nous plonge vraiment dans un monde fictif, intriguant, nouveau, mais qui nous fait sourire, autant que réfléchir. J’ai, quant à moi, très hâte de voir la suite. Afin de démystifier un peu DEEP, j’ai posé quelques questions à Simon Lacroix, l’auteur.
Alors premièrement, qui êtes-vous? Tout cela est bien mystérieux…
Nous nous sommes rencontrés au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. L ‘équipe de DEEP est donc constituée presque exclusivement d’acteurs : le réalisateur, le scénariste, le directeur photo, la directrice de production… Tous des acteurs de formation. Même les acteurs sont des acteurs.
D’où est né l’univers complexe et fascinant de DEEP?
L’univers de DEEP découle d’un court métrage intitulé « Être ».
Tourné il y a environ un an dans la même cuisine, ce court métrage de 8 minutes nous raconte l’histoire d’Adrian qui apprend qu’il n’existe (peut-être) pas.
Après avoir fait « Être », on a pensé que ces mêmes personnages pourraient vivre d’autres situations étranges et métaphysiques, mais sous forme de capsules web plus courtes, plus rythmées… C’est ainsi qu’est apparue l’idée de DEEP.
Pourquoi avez-vous donné un nom anglophone à votre série? Qu’est-ce que "DEEP" représente pour vous?
Il faut dire que nous avons beaucoup hésité. Nous tenons à souligner que nous sommes des amoureux de la langue française. Mais le fait est que DEEP est un mot qui dit tout, qui explique notre concept en une syllabe. On aime la sonorité. C’est une expression que plusieurs Québécois utilisent qui n’a malheureusement pas son équivalent en français. Et en plus, ça PUNCH !
Quelles-sont vos inspirations? À quoi pourriez-vous vous comparer?
La philosophie.
La vie.
L’étrange.
La précision.
Le blanc et le rouge.
Avez-vous eu du budget pour la série ou êtes-vous complètement indépendants?
Complètement indépendant. Mais Lyca et MTL vidéo ont eu l’énorme gentillesse de nous prêter de l’équipement.
Peut-on en savoir un peu plus sur ce qui nous attend dans les prochains épisodes de DEEP?
Comme DEEP ne suit pas les règles et les lois de la réalité, vraiment tout peut arriver. Une chose est sûre, les personnages n’ont encore rien vu…
Est-ce que l’équipe de DEEP prévoit nous revenir avec d’autres projets? Une continuité de la série? Quelles sont vos aspirations futures?
Oui.
On a déjà plusieurs idées pour une suite à DEEP.
Nos aspirations futures, quant à elles, sont imprécises
Mais nous ne nous arrêterons pas à DEEP, ça c’est sûr.
On a trop de plaisir à créer.
L’œuf ou la poule?
L’œuf.
Car l’œuf a en lui la possibilité de la poule.
Alors que la poule ne peut plus être œuf.
En moins que la poule ait des œufs dans son ventre.
Si c’est le cas, la poule.
Mais sinon, l’œuf.
J’adore ça ! Un nouvel épisode de DEEP est disponible sur www.kebweb.tv/deep tous les lundis. Pour suivre leurs réflexions qui font jaser sur Twitter, voici leur compte : @DEEP_tv
Et n’oubliez pas, « les mots que l’on écrit ne sont, en soi, que de petites taches muettes. » – DEEP
Joyeuse Pâques, tous.
C
On the Spot : Philippe Touzel
On aime donc ça quand un « p’tit gars de chez nous » s’illustre à l’extérieur. Hé bien voilà de quoi nous réjouir : Philippe Touzel. Son nom est sur toutes les lèvres, puisque le jeune homme originaire de Sept-Îles est le seul québécois à avoir été choisi pour participer à l’un des plus importants concours web mondial du moment, On The Spot.
On The Spot, c’est Johnny Wright (manager de groupes pop comme New Kids on the Block, Backstreet Boys,*NSYNC, Jonas Brothers et d’artistes comme Janet Jackson, Justin Timberlake et Britney Spears, etc.) et son équipe d’experts qui veulent former le prochain « band » de l’heure. Pour se faire, ils ont auditionnés, grâce à la magie d’internet, des milliers de jeunes chanteurs de partout dans le monde, pour n’en choisir que vingt. Bien sûr, ces jeunes vingt prodiges de la chanson se doivent aussi d’être multi talentueux afin de se rendre le plus loin possible dans l’aventure. Plusieurs défis leur sont imposés, comme d’avoir un style vestimentaire bien à eux, de créer une chorégraphie, de s’approprier un classique de la musique, de faire une collaboration avec un artiste émergent de leur région ou de faire le plus parler d’eux dans les médias. Ils ont une semaine pour réussir chaque défi, semaine après laquelle un ou plusieurs participants sont éliminés selon l’appréciation des juges, en ligne, devant leur webcam chaque vendredi. Lorsqu’il ne restera que huit à dix vaillants jeunes artistes, ces derniers s’envoleront pour Los Angeles, où un camp d’entrainement sévère les attendra. Au programme : répétitions intenses de chant, de danse et de nombreuses entrevues. Ce n’est qu’après ce moment, le 3 juin, que le vrai « band » sera annoncé.
C’est en quelque sorte une web téléréalité, puisque chaque semaine, nous pouvons suivre les participants dans leurs parcours et leurs « challenges », par le billet de vidéos qu’ils enregistrent et diffusent eux-mêmes et de l’émission-web diffusée le vendredi sur http://onthespot.cambio.com/. Philippe, qui est maintenant dans les quinze finalistes, n’en est pas à sa première téléréalité puisque en 2003 déjà, il était l’idole des jeunes du Québec grâce à sa participation à l’émission Phénomia, sur les ondes de Vrak.tv. Ce n’est pas pour rien que les juges semblent définitivement avoir un petit faible pour lui. J
J’ai parlé avec Philippe de cette aventure surréaliste, de comment il à découvert On The Spot et de ce que cela représente concrètement pour lui.
« Je suis tombé vraiment par hasard sur un article de cyberpresse disant que le gérant des Jonas Brothers cherchait son prochain phénomène sur internet. Je me suis tranquillement intéressé au projet pour finalement envoyer un clip de moi chantant "Apologize" de One Republic. Dans la semaine suivante, j’ai reçu un email me disant que
j’étais dans le top 5 des meilleures auditions de la semaine. Finalement, un peu plus tard en février, j’ai reçu un appel de Los Angeles qui allait un peu comme ceci : "Hi Philippe, I’m Justin from the On The Spot team, you’re will be featured in our 2nd episode to form the top 20". Ensuite j’ai été mis au défi, « on the spot », comme on dit, pour prouver que j’avais ce qu’il fallait pour être dans le top 20. Et me voilà, presque deux mois plus tard, dans le top 15 et pas mal heureux! »
« Je ne réalise pas encore ce qui se passe pour moi… Je me suis embarqué dans ce projet en n’ayant pas trop d’attente. Je voulais lire les commentaires, voir si j’allais avoir beaucoup de votes. Aujourd’hui, avec le défi numéro cinq (Manage the media, je vois que ça devient vraiment gros et que j’ai énormément de support. C’est fou. J’ai peut-être une chance de réaliser mon plus grand rêve (et je n’exagère même pas). Quand on parle de nos grands rêves de jeunesse, hé bien moi ça a toujours été d’avoir une carrière en musique, si possible à l’internationale (quand je me permets d’aller plus loin). Et maintenant, m’y voilà…presque! D’ici là, beaucoup de pain sur la planche. Si je poursuis cette semaine, il me reste deux défis. Après ça, c’est Los Angeles. Ensuite peut-être, la carrière, la vie dont j’ai rêvé depuis longtemps. Tout ça, c’est pratiquement utopique pour moi. Mais de plus en plus étrangement réaliste, aussi. C’est
complètement fou. »
Cliquez « J’aime » sur la page Facebook de Philippe, pour ainsi connaitre toutes les nouvelles récentes sur On The Spot ET l’encourager et le supporter : http://www.facebook.com/home.php#!/pages/Philippe-T-is-On-The-Spot/133258890078255
Visionnez les vidéos de Philippe, inscrivez-vous, votez, commentez le plus possible :
http://onthespot.cambio.com/profile/PhilippeTouz/
Suivez-le aussi sur Twitter @philtouzel
J’ai l’immense bonheur d’être une amie de Philippe, et je peux vous dire qu’en plus d’être beau comme un cœur, excellent chanteur, sociable et charismatique, ce garçon est tout ce qu’il y a de plus gentil, d’humble et de passionné. Il travaille extrêmement fort pour atteindre son rêve, il fait d’immenses sacrifices et ce, sans jamais oublié d’où il vient. Oui, c’est cool la gloire et le succès, mais jamais autant que quand ça arrive aux vraies bonnes personnes.
Go, Phil, Go!
Interactif ou non, là est la question
Interactivité par-ci, interactivité par-là, on entend énormément parler des séries web interactives depuis quelques temps. Certaines à qui ça réussit très bien, d’autres qui se sont fait prendre au piège. Certains débattent de la nécessité de cette technique, d’autres (comme les subventionnaires), la demande à tout prix. Je me suis entretenue avec deux artisans qui semblent avoir compris la recette gagnante de l’interactivité, Miryam Bouchard (créatrice de Fabrique-moi un conte) et Micho Marquis-Rose (créateur de Zieuter.tv) sur le comment du pourquoi.
Premièrement, comment peut-on définir exactement une série web interactive? Quels en sont les critères?
Miryam : Il faut seulement qu’il y ait une participation du public. Ce n’est pas « je clique, je regarde, j’écoute », il faut que le spectateur devienne participant. Souvent, les gens pensent que lorsqu’une série est interactive, c’est compliqué et ça comprend plein d’étapes. Oui, il y en a certaines qui sont complexes, mais il y en a d’autres où c’est très simple. J’aime comparer ça aux livres de notre enfance « Les livres dont vous êtes le héro ». On devait lire l’histoire, et au travers de la lecture, choisir la suite du récit.
Qu’est-ce qui fait que vous avez opté pour l’interactivité? Une demande particulière des subventionnaires ou c’est arrivé spontanément?
Miryam : J’ai eu l’idée il y a quelques années parce qu’en faisant Les chroniques d’une Mère Indigne (elle en était l’instigatrice et la réalisatrice) j’ai réalisé que sur le web, il n’y a pas de filtre, c’es instantané. Autant les critiques que les suggestions du public… Trente secondes après la diffusion d’un épisode, certaines personnes nous écrivaient pour questionner le choix d’un comédien, ou pour nous suggérer une idée pour la suite de l’histoire. J’ai compris que ces gens voulaient avoir une influence sur la série, un peu comme si ça leur appartenait. L’idée me vient aussi un peu de mon père, qui me racontait des histoires inventées quand j’étais petite. Quand j’ai eu l’âge de lire, j’ai compris que ses histoires « inventées », étaient quelques fois sa propre version des contes classiques. (Rires)
Micho : J’ai commencé à développer Zieuter.tv avant que le nouveau Fond des Médias du Canada soit connu. Ensuite, j’ai continué avec des projets interactifs car oui, le financement est plus présent mais aussi parce qu’avec Zieuter.tv mon équipe et moi avons développé une bonne expertise pour ce genre de websérie.
Pourquoi, selon vous, l’interactivité est-elle un critère qui revient régulièrement dans les demandes de subventions? Est-ce que l’interactivité amène vraiment un plus vaste public?
Micho : Dans le cas du FMC, le fond disponible pour les webséries est seulement le volet expérimental. Ce volet englobe un paquet de trucs comme les jeux vidéo et les logiciels. La demande d’interactivité est donc justifiée, il faut des projets novateurs et …Expérimentales. Je crois qu’en ce moment, le problème n’est pas la demande d’interactivité des 2 fonds disponibles pour les webséries, mais bien un manque de financement diversifié destiné à ce créneau. Il y a de la place sur le web pour le linéaire et l’interactif, le public est là et aime nos webséries québécoises.
Est-ce une charge de travail plus importante que de gérer un site interactif?
Miryam : C’est certain que c’est plus difficile, ce n’est pas seulement mettre en ligne un épisode une fois par semaine. Fabrique-moi un conte, c’est aussi un tournage, de l’écriture et de la recherche qui s’étalent sur 8 semaines, comme un long métrage. On a décidé de ne pas se faciliter la vie parce qu’en plus, on fait un making of par épisode. C’est aussi plus coûteux et complexe, puisque le site est toujours actif et qu’il y a une mise à jour constante.
Micho : Définitivement. Plusieurs tests sont nécessaires et tant qu’il y des mises en ligne, le travail n’est pas terminé.
Quelle est la réponse du public jusqu’à présent? Est-il très participatif?
Micho : La réponse est très positive, le public aime et il est présent à toutes les semaines. Nous sommes très heureux du résultat. Nous sommes aussi très fiers du prix à La Rochelle (WebTV-Festival) et ce qui est fou c’est qu’il y avait des projets très forts dans notre catégorie comme Addict diffusé par ARTE, un projet interactif de 1 200 000 d’euros…. Faut croire qu’au Québec on fait beaucoup avec peu.
Que conseilleriez-vous à un créateur de webtélé qui voudrait opter pour l’interactivité? Y’a-t-il des choses à faire, ou à ne pas faire absolument?
Miryam : Pour ma part, j’aurais peut-être essayé de lancer quelque chose deux ou trois semaines avant le début de la série, afin de créer un « buzz » et qu’à la première semaine, il y ait déjà un attrait pour la série. On le sait, la promo dans le monde du web, c’est surtout du bouche à oreille. Le succès de notre concept est basé sur les huit semaines d’interactivité directe, donc si ça prend trois ou quatre semaines avant d’atteindre notre plus haut nombre d’auditeurs, c’est un peu moins intéressant.
Micho : Je crois que les choses les plus importantes à savoir, c’est que votre projet doit être pensé interactif dès le tout début, dès la genèse. Il ne faut pas plaquer ou forcer un concept interactif sur une série de fiction…Ça ne fonctionnera pas. Ensuite, entourez-vous! Dans un projet interactif, ce qui est primordiale, c’est l’échange entre les différents créateurs fiction et web. Vous devez créer des rencontres pour avoir un projet le plus complet possible. Je vais citer Hugues Sweeney de l’ONF qui a, entre autres, récemment produit les excellents projets "Sacrée Montagne" et "Ma tribu c’est ma vie", il dit en parlant de ses projets : " mon réalisateur, c’est l’équipe". Je crois que ça illustre parfaitement la dynamique d’un projet interactif de fiction ou documentaire.
Merci beaucoup à Micho Marquis-Rose et Miryam Bouchard pour ces entrevues. Pour écouter ces deux excellentes séries, ou plutôt, pour y participer:
Zieuter.tv :
http://zieuter.tv/
Fabrique-moi un conte :
http://lescontes.radio-canada.ca/
Et voilà, à la prochaine, mes doux lecteurs, sur mon blogue Kebweb.TV !!!
C
Procrastination 101
Si vous lisez ceci, c’est que vous êtes probablement en train de faire acte de procrastination.
Procrastiner : verbe trans., littér., rare. Remettre quelque chose au lendemain. Exemple : Je devrais remettre un texte aujourd’hui, mais il y a un site vraiment drôle sur lequel je dois fureter plus longuement. Ça attendra à demain. Exemple 2 : Il y a de la poussière dans tous les coins, mais les discussions sur Twitter sont enflammées. J’époussèterai plus tard.
Oui, on le fait tous. Surtout à cause d’internet, disons-nous le franchement, qui nous fournit de plus en plus de raisons de rester scotcher à son ordinateur alors que notre sac de gym accumule les acariens dans la garde-robe. Des fois, je déprime à l’idée de n’avoir rien à faire avant mon prochain rendez-vous de la journée, auquel j’arrive finalement en retard faute d’avoir trop tardé dans un café à jouer à un jeu mettant en vedette les Schtroumfs (oui je suis geek à ce point-là). Avec les multiples réseaux sociaux, les séries web, les sites à potins, on ne sait plus où donner de la tête. On a peur de ne plus être in, et de ne pas connaitre le sujet chaud de l’heure.
Je vous incite donc au vice en vous proposant trois de mes sites chouchous pour la procrastination.
Premièrement, mon péché mignon : Hollywood PQ.
Hollywood PQ est carrément… un site à potins! En général, je ne suis pas friande de ce genre de sites, mais celui-là est vraiment top. Il couvre vraiment tout! Que ce soit les évènements québécois comme les premières de films, les festivals, les concerts ou les scandales Hollywoodiens, les bandes-annonces, les nouveautés télé, les vidéoclips…les blogueurs parlent de tout! Et ce, souvent avant tout le monde. Ils sont maintenant trois : Karine, Kevin et la petite dernière, Julie.
J’ai demandé aux deux vétérans blogueurs (car oui, votre blogueuse glamour les connait) un petit portrait de leur tâche sur le site:
Kevin: Il dit ce qu’il pense sans détour, ne regrette jamais ce qu’il écrit. Il est cru, il doit se contenir souvent. Il s’occupe surtout de la partie « potins Hollywood ». Il tient à ses opinions et est prêt à tout pour les défendre.
Karine: J’essaie de faire rire, j’écris imagé. J’essaie toujours de dire le positif avant le négatif (quand je suis plus crue, dès fois je regrette lorsque j’ai du feedback qui me trash dans les commentaires!). Je m’occupe surtout des potins québécois, mais j’écris aussi ceux d’Hollywood.
Karine me disait aussi, en parlant du site :
« Le site se veut avant tout un site de potins… pas des «nouvelles», mais tout ce qui peut faire jaser. On doit écrire avec un angle éditorial et non journalistique. On se doit d’avoir de la «saveur», de la couleur… bref d’être croustillant à lire, mais en passant en deuxième plan (en évitant de parler au «je» pour ne pas tomber dans le personnel… c’est dur!) le personnage qu’on est, pour mettre l’accent sur la «vedette» Ryan Gosling admettons… parce que c’est elle la vedette bref! »
« L’important c’est de publier le potin avant tout le monde. On trouve nos nouvelles sur le Web, dans les magazines québécois… et bien sûr, sur Twitter et Facebook, qui sont des sources inépuisables! »
Pour tout savoir sur tout (!), vous pouvez aussi suivre Hollywood PQ sur Twitter : @HollywoodPQ
Deuxièmement, ma référence mode : Mode 34b.
En plus d’héberger un blogue extrêmement pertinent sur les dernières tendances, les façons pratiques et abordables de les adopter, les designers en vogue, les évènements à suivre et bien plus encore, le site Mode 34b a sa propre web-série. On y retrouve des portraits de créateurs, des trucs beauté pratico-pratiques et des idées de look astucieuses. Et pourquoi ce site qui parle de mode est si génial? Parce que c’est fait sans prétention, contrairement à beaucoup de choses qui se rattachent au milieu de la mode, et par des filles qui semblent vraiment tripper sur leurs sujets. C’est rafraichissant et adorable. Voici donc un portrait de ces jeunes femmes qui me font souvent rater mon bus :
Patricia : J’incarne Pétra, notre personnage de WebTV qui s’amuse à explorer différents thèmes féminins, "parce que c’est pas facile d’être fifille". Lorsque je ne suis pas devant la caméra, je fais le montage de nos capsules, j’écris des articles et je suis constamment mode conception/production. Mon nouvel accessoire de mode favori c’est le chapeau noir bohème chic.
Mélissa : La petite dernière arrivée au 34b, je parle de tout et rien, que ça touche de près ou de loin à la mode et aux goûts de mes consœurs de la gent féminine. Mon accessoire mode favoris est, et sera toujours, les souliers. Quand tu portes du 35, c’est difficile à trouver! J’attends désespérément la fin de l’hiver pour pouvoir rocker mes nouvelles chaussures Balenciaga (c’est l’fun avoir des amies qui travaillent dans des maisons de haute couture!)
Jeanne : Je m’occupe beaucoup de la webtélé ; je participe à sa conception, c’est moi qui suis derrière la caméra en général et je collabore au montage. Sur le blogue, je rédige un billet de temps à autre, en plus de veiller à la qualité linguistique de ceux des autres. J’aime beaucoup les accessoires qui ont un petit look retro/vintage. Ces jours-ci, j’apprécie le headband, bien pratique quand tu laisses pousser tes cheveux. Celui-ci vient de la Boutique Lustre.
Mélodie : Je suis la fille de pub derrière le projet. Celle qui pense toujours un peu à l’aspect marketing du blogue. Je suis celle qui a envie de partager toutes ses belles trouvailles. Grande romantique, elle préfère parler de ce qu’elle aime plutôt de ce qu’elle déteste. Son accessoire mode aurait été cette paire de soulier Alexander Wang : http://www.alexanderwang.com/collections/footwear-and-accessories/spring-2011/lookbook/ (les 30) mais vu sa grandeur elle optera pour les pantalons taille haute à motif : http://www.allsaints.com/lookbook/womens/#/:lookbook:womens:aw10:668
Vous pouvez aussi les suivre sur Twitter : @mode34b
Mon dernier, et non le moindre, mon coup de cœur divertissement : Le Journal Twitter de MCGilles.
http://www.mcgilles.com/journal.html
Ou sur le site d’Infoman où il est chroniqueur :
http://www.radio-canada.ca/emissions/infoman/saison11/blogue.asp
Le Journal Twitter, c’est en fait une fausse couverture de revue à potin avec des « tweets » d’artistes québécois en tout genre. Qu’a donc tweeter de gênant Guy A.Lepage cette semaine? Quelles vedettes de la chanson s’envoient des tweets coquins? Que pense donc Alex Perron du nouveau Colisée? Bref, un survol de l’actualité Twitter en grandes lignes, une fois par semaine, et ce depuis un an. C’est parfait pour ceux qui n’ont pas Twitter, vous pouvez vous garder informer de ce que votre vedette préférée du hockey à manger cette semaine, par exemple. Pour la communauté Twitter, c’est devenu un honneur de faire parti du Journal Twitter de MCGilles.
« En fait, c’est une réflexion sur : qu’arriverait-il si Twitter était un média traditionnel, un journal papier ou un magazine hebdomadaire? Est-ce que les gens seraient aussi ouverts dans leurs propos? M’a écrit MCGilles. C’est aussi évidemment un clin d’oeil sur des affirmations parfois futiles mais comiques de nos stars québécoises. (Comment ne pas réagir au fait que Cœur de Pirate a mal au cœur ou que Herbie Moreau a envie de pipi?!) »
MCGilles reçoit beaucoup de commentaires par rapport à son Journal, plusieurs écrivent même des choses dans le but d’y êtres cités.
« Je pense également humblement que le Échos Vedette a repris le concept pour citer les meilleurs Tweets et Facebook de la semaine… »
Pour une expérience ultime, vous pouvez suivre le sympathique MCGilles sur Twitter : @mcgilles
Donc voilà, vous n’avez plus d’excuse pour remettre votre devoir à temps. Oups, je dois vous laisser, je suis en retard.
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